Lors d’une nouvelle manifestation contre la Commission électorale de l’Inde (ECI), mardi 6 octobre, le chef de l’opposition indienne, Rahul Gandhi, a été brièvement interpellé à New Delhi, avant d’être libéré, a constaté un journaliste de l’Agence France-Presse (AFP).
Les responsables de l’opposition accusent l’ECI, longtemps considérée comme la garante de la plus grande démocratie du monde, d’avoir radié à tort des millions d’électeurs, et Gyanesh Kumar, son président, d’être inféodé au parti du premier ministre ultranationaliste hindou, Narendra Modi.
Un journaliste de l’AFP a vu M. Gandhi, du parti du Congrès, principale formation de l’opposition, debout sur une barricade et agitant un drapeau indien, être brièvement interpellé avec plusieurs autres élus, avant d’être rapidement libéré. Ils ont commencé à marcher depuis le Parlement, en direction de l’ECI, avant d’être stoppés par un important déploiement policier.
Les marcheurs réclament désormais la démission de M. Kumar, le président de la Commission électorale. « Gyanesh, c’est terminé, frère », pouvait-on lire sur les pancartes de certains manifestants, d’autres accusant ouvertement la commission de manipulations électorales.
Des millions d’électeurs de communautés marginalisées radiés à tort
Entamée en novembre 2025, la mise à jour des listes électorales, destinée en principe à supprimer les doublons ou les électeurs décédés, s’est traduite par la radiation d’environ 130 millions d’électeurs. Le mois dernier, le quotidien Indian Express a affirmé, à l’issue d’une longue enquête, que M. Kumar aurait ignoré à maintes reprises les objections de deux autres membres de la commission électorale depuis le début de cette révision.
Selon les détracteurs de cette révision, des millions d’électeurs ont été radiés à tort, pénalisant exagérément les communautés marginalisées et les minorités, notamment les musulmans. Pays le plus peuplé de la planète, l’Inde compte 1,4 milliard d’habitants.
La Commission n’avait pas caché son objectif, à l’occasion de cette révision, de s’assurer qu’aucun « immigré clandestin » ne figure sur les listes. Le parti de M. Modi dénonce depuis longtemps la présence sur les listes électorales de migrants de confession musulmane en situation irrégulière, arrivés notamment du Bangladesh voisin.
Une radiation électorale n’affecte pas la citoyenneté des personnes concernées, mais beaucoup redoutent des conséquences administratives allant au-delà du simple fait de ne pas pouvoir voter.