Jamais New Delhi ne s’était barricadée de la sorte. La capitale indienne a été placée en état de siège, samedi 10 octobre, pour empêcher, coûte que coûte, un rassemblement de la jeunesse qui s’annonçait monumental.
Le Parti du peuple cafard, des organisations étudiantes de gauche et des partis d’opposition avaient appelé à manifester pour réclamer la démission du président de la commission électorale, Gyanesh Kumar. L’homme qui cristallise la colère est accusé de mener une révision des listes électorales avant des scrutins régionaux-clés pour favoriser le Bharatiya Janata Party (BJP), la formation du premier ministre indien Narendra Modi. L’exercice s’est déjà traduit par la radiation de 130 millions de votants, touchant de manière disproportionnée les musulmans et les populations vulnérables, d’ordinaire peu favorables au BJP.
Les autorités, défiées depuis le mois de juillet par les jeunes, n’ont pas autorisé la manifestation et ont choisi de répondre par la force. Le centre de Delhi a été entièrement bouclé, et l’accès à Jantar Mantar, le point de rendez-vous des manifestants, rendu inaccessible.
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