Y a-t-il un pilote à la tête du groupe Tata ? Deux hommes, deux visions s’opposent dans un bras de fer au sommet du plus grand conglomérat indien. D’un côté, Natarajan Chandrasekaran, le président de Tata Sons, la holding qui chapeaute l’ensemble des entreprises du groupe. De l’autre, Noel Tata, à la tête de Tata Trusts, l’actionnaire majoritaire de Tata Sons.
Avec près de 160 milliards d’euros de chiffre d’affaires réalisés en 2024-2025, le groupe Tata est l’un des piliers de l’économie de l’Inde, au point de se confondre avec l’histoire industrielle du pays et d’être souvent présentée comme un « bâtisseur de la nation ». Le conglomérat est aujourd’hui présent dans une trentaine de secteurs à travers ses multiples entreprises, de l’automobile (Tata Motors, Jaguar, Land Rover) à l’informatique (Tata Consultancy Services), en passant par l’acier (Tata Steel), l’hôtellerie (Taj Hotels), les télécommunications, les pharmacies, l’alimentation (thé, café, sel) ou encore l’aviation (Air India).
La crise a éclaté le 17 septembre quand le conseil d’administration de Tata Sons prend deux décisions majeures : d’abord, la reconduction pour un troisième mandat de Natarajan Chandrasekaran à la tête de Tata Sons, puis la promesse d’engager des démarches en vue d’une éventuelle entrée en Bourse du groupe. Immédiatement, Noel Tata met son veto et conteste ces deux décisions. Selon ce dernier, la nomination de Natarajan Chandrasekaran, avec lequel il est ouvertement en conflit, serait « illégale » au regard des statuts du groupe, ce que conteste Tata Sons.
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