Les nuits sont courtes pour Ananya. La jeune activiste de 25 ans (comme toutes les personnes interrogées, elle n’a pas souhaité donner son nom de famille) jongle entre son travail et l’organisation de promenades nocturnes dans les rues de New Delhi. Diplômée il y a un an et demi d’un master en études de genre à la London School of Economics, elle a rejoint il y a un an et demi le collectif Women Walk at Midnight (« les femmes marchent à minuit »). Créé en 2016, il encourage les Indiennes à reprendre possession de l’espace public à des horaires où les femmes s’aventurent le moins possible dehors par peur d’être agressées.
Depuis le 21 septembre, le mouvement a pris une tout autre dimension. Ce jour-là, une jeune étudiante de 17 ans qui fêtait, en fin de journée, son anniversaire avec un ami dans un parc de New Delhi a été victime d’un viol collectif. Cette énième agression contre une femme a suscité un tollé dans la capitale indienne encore sous le choc de la révélation de trois autres viols et de meurtres commis sur des mineures les jours précédents. L’une des victimes était âgée d’à peine 6 ans.
« Si nous marchons jusqu’à minuit, c’est parce que nous remettons en question la manière dont les autorités envisagent la sécurité, explique Ananya. Nous n’avons pas besoin de davantage de surveillance. Nous n’avons pas besoin de davantage de caméras dans les villes. Nous voulons rappeler au gouvernement qu’il ne s’agit pas de nous enfermer, mais de faire en sorte que les villes soient accessibles à toutes et à tous. »
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