Israël n’a pas échappé à l’ovation exceptionnelle qui a suivi, au festival du film de Venise, la diffusion du documentaire Naza sur la guerre à Gaza, puis à l’annonce que le film avait obtenu, samedi 12 septembre, le prix du jury de la Mostra. C’est peu dire que les commentaires ont été contrastés. Si le journal de gauche Haaretz a donné la parole aux deux réalisateurs israéliens, Yuval Abraham et Rachel Szor, à propos de leur volonté de distribuer le film « aussi largement que possible » en Israël, l’essentiel des réactions publiques ont été critiques, sur le fond comme sur la forme.
Le ministre de la culture, Miki Zohar, a évoqué un « film méprisable », une récompense « révoltante » et des auteurs qui chercheraient les « applaudissements des antisémites du monde entier ». Parlant de « trahison envers l’Etat », Miki Zohar, a réclamé, dimanche soir, que les deux réalisateurs soient déchus de leur citoyenneté.
De son côté, l’ancien ministre de la défense, Avigdor Liberman, leader d’un parti d’extrême droite associé à la coalition d’opposition à Benyamin Nétanyahou, a fustigé « un tissu de diffamations et de calomnies contre l’Etat d’Israël, contre Tsahal et contre nos magnifiques combattants », en se moquant par ailleurs d’un festival qualifié de « woke » et d’« antisémite ». Dans la foulée, l’homme politique a salué « Fauda », la série israélienne qui raconte le destin des membres d’une unité spéciale, diffusée depuis quelques jours sur Netflix. « Nous avons un ministère des affaires étrangères – on l’appelle Fauda », a ajouté l’ancien ministre.
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