A la fin du XIXᵉ siècle, les puissances occidentales, Etats-Unis compris, pouvaient avoir recours à la diplomatie de la canonnière : il s’agissait de déployer des navires militaires vers les côtes d’Etats endettés ou rétifs pour les intimider, les faire entrer dans le rang. L’opération d’influence que mène l’ambassadeur américain à Rome, Tilman Joseph Fertitta, est bien plus amicale. Elle a cependant pour instrument un bateau bien plus imposant que les bâtiments de guerre d’antan : son navire privé, le Boardwalk, 117 mètres et une valeur estimée à 450 millions de dollars (389 millions d’euros).
L’oligarque texan d’origine sicilienne, à la fortune estimée à 11 milliards de dollars par Forbes, a été nommé ambassadeur en Italie par Donald Trump. Ce fut le cas ailleurs pour d’autres donateurs et soutiens fortunés, tel le représentant de Washington à Paris, Charles Kushner, père du gendre du président américain au parcours entaché par de graves affaires de corruption.
Le 4 juillet, pour célébrer les 250 ans d’existence des Etats-Unis, Tilman Joseph Fertitta s’est lancé dans un tour du pays par le littoral, censé durer jusqu’à la fin du mois d’août, cabotant de port en port, en mêlant distractions privées et rencontres officielles. Il se livre ainsi au mélange des genres caractéristique de la politique étrangère menée par l’administration Trump. Le Boardwalk, immatriculé dans les îles Caïman, un paradis fiscal prisé des propriétaires de navire de ce calibre, a ensuite vogué le long de la côte Adriatique, entre visites touristiques, excursion dans un parc d’attractions et rencontres avec les autorités locales.
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