« Bien sûr que nous avons peur. Nous sommes des êtres humains », lance Inara Kaleja, rencontrée dans un bureau de vote à Riga, la capitale de la Lettonie, alors que les élections pour renouveler la Saeima, le parlement monocaméral de l’Etat balte, ont commencé lundi 28 septembre et doivent s’achever samedi 3 octobre. Mme Kaleja, 71 ans, ancienne styliste de mode, vient de voter pour le parti conservateur Alliance nationale. « Ils défendent nos frontières. Ils veulent nous fortifier, maintenir notre identité nationale. Pour moi, c’est l’essentiel, alors que les Russes nous menacent. » Elle raconte les années où le pays a été occupé par l’Union soviétique, la lutte pour l’indépendance (1986-1991), à laquelle elle a participé. « Je connais bien les Russes. Alors oui, j’ai peur. Mes jambes deviennent froides quand j’y pense. Nous devons nous défendre. »
Que ce soit à Riga, à Jelgava, la quatrième ville de Lettonie – 60 000 habitants –, au sud-ouest du pays, ou dans un village de 500 habitants non loin de là, celui de Stalgene, les électeurs lettons que Le Monde a rencontrés partagent souvent cette crainte. Le parti de gauche Progressistes a ainsi paru le meilleur choix à David (comme toutes les personnes désignées par leur seul prénom, il n’a pas accepté de donner son nom), 24 ans, en master d’architecture à Riga, parce qu’« ils sont très fortement pro-européens. Pour moi c’est le critère principal. Notre ancrage européen nous protège » – la Lettonie est membre de l’Union européenne et de l’OTAN depuis 2004. D’autres, comme la pharmacienne de Stalgene, Iveta Stundina, 68 ans, ont choisi Liste unie, le parti de centre droit de l’actuel premier ministre, Andris Kulbergs. « J’espère juste qu’il évitera le pire », dit-elle, sans enthousiasme.
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