Les deux attaques sonnent comme des alarmes. Lundi 10 août, un attentat à la voiture piégée à Benghazi a coûté la vie à Fawzi Al-Mansouri, le chef du renseignement militaire de l’Armée nationale libyenne (ANL), commandée par le maréchal Khalifa Haftar, « l’homme fort » de l’Est libyen. Le lendemain, la raffinerie de pétrole de Zaouïa, à l’ouest de Tripoli, était ciblée par une cinquième frappe de drone depuis l’éclatement de combats entre milices rivales, une semaine plus tôt.
Les deux flambées de violence n’ont a priori aucun rapport entre elles. Elles n’ont pas une relation directe avec la partition du pays en deux blocs politico-militaires – de l’Ouest et de l’Est –, une fracture héritée de la chute, en 2011, du régime de Mouammar Kadhafi. Chacune renvoie apparemment à des failles internes à chaque camp, y compris dans le cas de l’assassinat de Fawzi Al-Mansouri. Si le mobile et les auteurs de celui-ci demeurent mystérieux – les autorités de Benghazi commencent à relayer l’hypothèse d’un attentant « djihadiste » –, le simple fait qu’il ait pu se produire au sein du système hypermilitarisé forgé par le maréchal Haftar révèle de troublantes brèches sécuritaires et soulève la question d’éventuelles complicités.
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