Des pneus enflammés bloquant les routes, des barrages de gravats déversés par des camions et des foules affrontant la police devant les bâtiments publics : depuis le 23 juillet, plusieurs villes de l’Ouest libyen sont le théâtre de manifestations d’une rare violence. Le mouvement de contestation, apparu à cause des coupures de courant récurrentes à cause des fortes chaleurs qui touchent la Libye depuis la mi-juillet, s’est mué en fronde contre les autorités.
Principalement composés de jeunes hommes et souvent organisés la nuit, les rassemblements touchent surtout les grandes villes côtières comme Zaouïa, Khoms, Misrata et surtout Tripoli. « Notre principale motivation, c’est d’exiger de meilleures conditions de vie », explique Abdelhakim (prénom d’emprunt), un des habitants de la capitale, qui souhaite garder l’anonymat.
Dans la soirée du 28 au 29 juillet, ce trentenaire a participé à une manifestation dans le centre de Tripoli. Cette nuit-là, une foule affluant de plusieurs quartiers a érigé un barrage devant le siège de la Compagnie générale d’électricité (Gecol), en scandant « le peuple veut la chute du gouvernement ! » « Les autorités ont une responsabilité politique dans les crises actuelles », explique Abdelhakim, joint par téléphone le lendemain.
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