Après son entrée dans l’Union européenne (UE) en 2007, l’effervescente société civile roumaine s’est consolidée autour de la lutte contre la corruption et de la protection de l’Etat de droit. Aujourd’hui, ce sont surtout les manifestants d’extrême droite qui se retrouvent dans la rue, en particulier depuis l’annulation du premier tour de l’élection présidentielle, le 6 décembre 2024, qu’ils jugent antidémocratique. Douze jours plus tôt, le candidat indépendant Calin Georgescu, ultranationaliste et eurosceptique, avait créé la surprise en arrivant en tête de l’élection. Le scrutin avait été ensuite annulé en raison d’irrégularités et d’une manipulation massive sur TikTok, le tout entaché de soupçons d’ingérence russe. En mai 2025, une nouvelle présidentielle est remportée par le centriste Nicusor Dan, lui-même issu de la société civile.
La présidentielle de 2024 ayant révélé la force des manipulations en ligne, c’est dans ces espaces numériques que les Roumains s’investissent désormais. Le but ? Briser les « bulles informationnelles » qui sapent les fondements d’une société démocratique. Après le choc de l’élection présidentielle, des milliers de citoyens se sont ainsi rassemblés sur le groupe Facebook « AI de noi ». Soit « IA de nous », utilisant l’abréviation d’intelligence artificielle pour créer un jeu de mots fondé sur l’expression « vai de noi », « pauvres de nous ». Cette page compte aujourd’hui plus de 12 000 membres, qui signalent chaque jour faux comptes, infox et bots. Des sites de fact-checking, gérés par des ONG et des journalistes, se sont également développés.
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