Allongé dans son fauteuil médicalisé, Stig (son prénom a été changé) a envie de parler. Le vieil homme souffre de la maladie d’Alzheimer. Dans sa tenue bleue, Mudather Elfaki Ali lui répond doucement en lui caressant le visage. D’origine soudanaise, l’aide-soignant est employé depuis 2017 à la maison de retraite de Nattsländan, dans le quartier résidentiel de Bunkeflostrand, à Malmö. Il est arrivé en Suède en 2014, à 24 ans.
A Khartoum, il avait fait des études d’économie et de science politique. « Mais je devais vite trouver un travail. Ma famille à la maison comptait sur moi. » Alors, après avoir appris des rudiments de suédois, Mudather Elfaki Ali a accepté le premier emploi qu’on lui proposait. Il ne le regrette pas : ses collègues de la maison de retraite lui ont donné les clés pour comprendre le pays dont il est désormais citoyen et parle la langue.
Parmi les 48 salariés de l’établissement, « entre 60 % et 70 % » sont nés à l’étranger, selon la directrice, Anna Gyllensjö. Beaucoup sont des réfugiés. « Ils viennent de Syrie, d’Iran, d’Irak, d’Afghanistan, mais aussi d’Erythrée ou du Cameroun », énumère Mme Gyllensjö. Dans un contexte où le secteur a de plus en plus de mal à recruter, « nous ne pourrions pas fonctionner sans nos collègues nés à l’étranger », ajoute-t-elle.
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