Sous une chaleur encore écrasante, jeudi 20 août en fin d’après-midi, plusieurs centaines de personnes ont défilé dans le centre de Tunis. A l’appel de Nafas, un collectif réunissant différentes composantes de la société civile, les manifestants entendaient dénoncer à la fois la répression menée par le régime de Kaïs Saïed et la dégradation des conditions de vie dans le pays. Sur les pancartes, la « soif », l’« obscurité » et la « maladie » résumaient les maux d’un été marqué par les pénuries d’eau potable, les coupures d’électricité, les difficultés d’approvisionnement en médicaments et le manque de produits de première nécessité.
« Le pays suffoque. Il n’y a rien, aucun projet, aucune vision, on est dans le chaos », a déclaré Ezzeddine Hazgui. Opposant aux régimes de Habib Bourguiba (1957-1987) puis de Zine El-Abidine Ben Ali (1987-2011) depuis les années 1960, il voit aujourd’hui son fils subir l’emprisonnement politique, après avoir lui-même été incarcéré en 1973. Jaouhar Ben Mbarek est détenu depuis février 2023 et a été condamné à vingt ans de prison dans l’affaire dite du « complot contre la sûreté de l’Etat », un procès emblématique au terme duquel plusieurs figures de l’opposition ont écopé de lourdes peines. « On est là pour dire au peuple de bouger, pour arracher sa liberté », a lancé Ezzeddine Hazgui.
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