LETTRE D’ISTANBUL
Dans 1984 (1949), de George Orwell, la surveillance repose sur les télécrans, des écrans installés dans chaque logement et lieu public, qui diffusent la propagande tout en filmant et en écoutant en permanence. Dès le premier chapitre, on découvre aussi un hélicoptère de la police qui patrouille entre les immeubles et vient regarder par les fenêtres des habitants. C’est l’ancêtre littéraire le plus proche du drone et d’où naît la formule célèbre : « Big Brother vous regarde. »
A Istanbul, la police vient de démontrer qu’elle n’a pas eu besoin de lire Orwell pour l’imiter. On connaissait l’efficacité des drones turcs sur les théâtres de guerre, mais moins en milieu urbain.
Dans le quartier historique et ultraconservateur de Fatih, lundi 31 août, des badauds ont été identifiés par un de ces engins, rue Narlikapi, sous les murailles de Théodose, face à la mer de Marmara. Arrivé à leur hauteur, le drone leur a lancé un avertissement sonore depuis les airs leur enjoignant de quitter les lieux. Le message était explicite : « Ici, un drone de la police. La consommation d’alcool est interdite dans cette zone. Veuillez partir immédiatement ! » Ce que les personnes concernées se sont empressées de faire. Filmée par un téléphone portable, la scène est rapidement devenue virale sur les réseaux sociaux.
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