Le président de la République équatorien, Daniel Noboa, vient de déclarer une nouvelle fois l’état de “conflit armé interne” dans le pays. À la une du quotidien El Universo, le décret publié le 18 juin 2026 autorise le jeune dirigeant à accorder des grâces et des réductions de peine aux policiers et militaires engagés dans la guerre contre les gangs, qu’il livre sans grand succès depuis 2024. Le document garantit notamment au “personnel étranger des États coopérants […] les immunités prévues par les accords internationaux”.
Sa décision intervient dans un contexte sécuritaire critique, alors que le gouvernement ne parvient toujours pas à enrayer une spirale de violence qui a fait près de 3 500 morts depuis le début de l’année. Comme le rapporte El País América, le décret a été signé “des heures après qu’une fusillade à l’aéroport international de Guayaquil a mis en évidence l’une des plus grandes contradictions de sa politique de sécurité : l’assassinat de Carlos Alberto Suástegui”.
Dérive autoritaire
L’homme était pourtant identifié comme le chef du puissant gang Los Águilas et considéré comme une cible prioritaire. Malgré cela, il entrait et sortait librement du pays, sans aucun mandat d’arrêt. Pour le quotidien, cet assassinat en plein terminal “ouvre des questions inconfortables sur l’efficacité d’une stratégie qui insiste sur le langage belliqueux tandis que les principaux chefs du crime organisé continuent de se déplacer en liberté”.
Face à l’échec de sa politique, Noboa semble désormais miser sur l’aide internationale. En ce sens, le décret est une manière à peine voilée de renforcer la présence militaire américaine en Équateur pour plaire à Donald Trump, selon El Diario, qui précise que “les États-Unis sont le seul pays mentionné expressément dans les sept pages du document”.
Accusé de dérive autoritaire, Noboa ordonne depuis mars 2026 l’organisation d’opérations militaires conjointes avec des États-Unis qui renouvellent leur offensive contre le “narcoterrorisme” : une manière de contourner la décision du peuple équatorien, qui a rejeté par référendum l’installation de bases étrangères sur son territoire en 2025.
Après l’apogée, l’épuisement des gauches latino-américaines
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