J’ignorais l’existence de ce jeu où l’on imagine le pays où l’on émigrerait en cas de nécessité. La thématique, en revanche, m’est apparue plus d’une fois lors d’un récent passage à Berlin [l’autrice est autrichienne et vit entre Graz et Berlin]. J’y ai entendu une femme se plaindre auprès de sa voisine de métro du racisme qu’elle n’a découvert qu’après avoir quitté le Ghana pour l’Allemagne. Fulminant, elle maudissait la vie ici, ou plutôt les gens.
Pour mieux illustrer les raisons de sa colère, elle décrivit une scène ordinaire qui s’était achevée par sa condamnation à des travaux d’intérêt général pour insulte – alors qu’elle était la victime. Elle a employé des mots que je préfère ne pas reproduire, exprimant sa colère mais aussi son désespoir. Disant qu’elle ne voulait pas que ses enfants grandissent ici. Des mots qui, je l’espère, n’ont pas donné aux gens autour des raisons d’en vouloir aux étrangers.
La difficulté de quitter sa langue
Pendant dix ans, Courrier international et Le Monde ont organisé Forum Expat. Désormais, et pour la quatrième année, place à un nouvel événement : la Soirée Expat ! Cette soirée de conférences et de rencontres a lieu le jeudi 15 octobre 2026 à partir de 19 heures à l’auditorium du groupe Le Monde, 67, avenue Pierre-Mendès-France, 75013 Paris.
De quoi s’agit-il ? De trois tables rondes avec des experts de l’expatriation qui pourront vous donner des conseils et répondre à vos questions sur la santé, les démarches administratives, la scolarisation ou encore la prévoyance.
19 heures–19 h 35 : “Le rêve canadien : comment le concrétiser ?”, présentation de l’ambassade du Canada.
19 h 40–20 h 25 : “Soyez rassurés, soyez assurés”, avec Malakoff Humanis et le Centre des liaisons européennes et internationales de sécurité sociale (Cleiss).
20 h 30–21 h 15 : “Être français à l’étranger : ce que cela veut dire (sur le plan administratif)”, avec le ministère de l’Europe et des Affaires étrangères.
Pour vous inscrire et poser vos questions dès maintenant, c’est ici !
Deux jours plus tard, dans l’aéroport de Berlin, deux autres femmes parlaient elles aussi d’émigration. La Turquie est encore trop proche de l’Allemagne, disaient-elles, et le service militaire obligatoire est une raison supplémentaire de songer à émigrer. Toutes deux parlent de leur patrie et de leur langue, visiblement marquées par l’allemand, et de la difficulté qu’elles auraient à les quitter.
Je me tais et considère cette idée moi-même pour la première fois. Je suis une quasi-immigrée, même si je n’ai passé qu’une frontière et suis restée dans le même espace linguistique.
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Je pense à présent à revenir à Berlin car mes proches me manquent. Peut-être devrais-je moi aussi organiser une soirée avec mes amis pour imaginer un scénario d’émigration, juste au cas où.
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