Il y a des problèmes qui vieillissent mieux que leur solution.

Le mot espagnol vivienda [“logement”] vient du latin vivere, “vivre”. Une maison est un bâtiment. Une vivienda, un lieu de vie. Le foyer, c’est quand ce lieu devient le siège de nos liens, de nos souvenirs, de nos affects. Une maison peut s’acheter, un logement se louer, et avec un peu de chance un foyer se fonder. Confondre ces trois réalités est aux racines de maints malentendus.

Pour savoir ce qu’est un logement, il faut se demander de quoi a besoin un être humain pour vivre. D’un toit. Sauf que vivre, c’est aussi dormir, s’alimenter, se laver, se reposer, tomber malade, soigner, aimer, être seul, recevoir des autres. Le logement est le foyer de notre vulnérabilité.

De ce fait, un logement n’est pas une marchandise comme les autres. On peut vivre sans voiture, sans télé, voire, si fou que cela puisse paraître, sans téléphone portable. Mais on ne peut pas humainement vivre sans un lieu où mettre son corps à l’abri, où rassembler ses biens, où faire épanouir son intimité.

Une ville n’est pas juste un ensemble de constructions

Pour autant, un logement peut être une propriété. Un logement s’achète, se vend, se loue, s’hérite, s’hypothèque. Il a une valeur d’usage, et une valeur d’échange. On peut l’utiliser pour y viv