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État, transition et élections : la neutralité publique à l’épreuve du pouvoir

Par Reynoldson Mompoint Cap-Haïtien, le 04 août 2026 Quand la frontière entre gouverner et préparer une victoire politique devient un enjeu démocratique Une transition politique n’est pas un mandat ordinaire. Elle n’est pas conçue pour consolider une majorité, bâtir une carrière politiq

État, transition et élections : la neutralité publique à l’épreuve du pouvoir
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4 août 2026
État, transition et élections : la neutralité publique à l’épreuve du pouvoir
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État, transition et élections : la neutralité publique à l’épreuve du pouvoir

  • by Rezo Nodwes
  • 4 août 2026
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Par Reynoldson Mompoint

Quand la frontière entre gouverner et préparer une victoire politique devient un enjeu démocratique

Une transition politique n’est pas un mandat ordinaire. Elle n’est pas conçue pour consolider une majorité, bâtir une carrière politique ou préparer l’installation durable d’une nouvelle élite. Son objectif est plus modeste, mais infiniment plus exigeant : rétablir les conditions minimales de l’État de droit, garantir la sécurité, restaurer la confiance dans les institutions et organiser des élections crédibles, inclusives et transparentes.

En Haïti, cette mission revêt une importance particulière. Après des années de crise institutionnelle, de violences armées, d’effondrement des services publics et de méfiance généralisée, la moindre décision du pouvoir est observée avec attention. Dans un tel contexte, la neutralité de l’administration n’est pas une simple qualité souhaitable ; elle constitue une condition essentielle de la légitimité du scrutin à venir.

C’est dans ce climat que l’apparition de nouvelles plateformes politiques proches de personnalités exerçant des responsabilités gouvernementales suscite un débat légitime. Dans une démocratie, chaque citoyen a le droit de créer un parti ou une plateforme politique. Ce droit ne saurait être contesté. En revanche, une interrogation demeure : comment garantir que l’exercice du pouvoir ne procure pas un avantage indu à ceux qui lui sont politiquement associés ?

Cette question ne vise pas uniquement une formation ou une personnalité. Elle touche au cœur même du fonctionnement de l’État. Lorsqu’un gouvernement organise des déplacements, inaugure des infrastructures, annonce des programmes sociaux, procède à des nominations administratives ou multiplie les campagnes de communication à l’approche d’un scrutin, les citoyens sont en droit de demander si ces décisions répondent exclusivement à l’intérêt général ou si elles peuvent être perçues comme favorisant une dynamique politique particulière.

Cette exigence de vigilance n’est dirigée contre aucun camp en particulier. Elle constitue un principe universel de bonne gouvernance.

La Primature occupe une place centrale dans la conduite des politiques publiques. Elle coordonne l’action gouvernementale, supervise les ministères et donne l’impulsion à l’administration.

Dans une période de transition, cette position impose une responsabilité particulière : gouverner sans donner l’impression que l’appareil de l’État est mobilisé au bénéfice d’un projet politique spécifique.

La communication gouvernementale doit ainsi distinguer clairement ce qui relève de l’action publique et ce qui relève de l’engagement partisan. Les ressources budgétaires, les véhicules administratifs, les infrastructures publiques, les personnels de l’État et les moyens de communication officiels sont financés par les contribuables. Ils doivent demeurer au service de tous les citoyens, indépendamment de leurs opinions politiques.

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