Un engin explosif artisanal a explosé, mardi 1er septembre, contre un poste électrique de Turnow-Preilack, qui distribue l’électricité provenant de la centrale de Jänschwalde, située près de Cottbus dans le Brandebourg, dans l’est de l’Allemagne, ont affirmé la police et un gestionnaire de réseau. La centrale de Jänschwalde fonctionne avec du lignite extrait d’une mine à ciel ouvert. La fermeture de la centrale est prévue pour 2028.
Plusieurs engins explosifs ont été découverts vers 8 heures au poste électrique de Preilack a déclaré une porte-parole de la police du Land de Brandebourg à l’Agence France-Presse (AFP). Si au moins un des engins a explosé, les autres n’ont pas fonctionné, a-t-elle précisé, ajoutant que personne n’a été blessé et qu’il n’y a pas eu de panne majeure dans la région.
L’exploitant de la centrale, LEAG, a annoncé dans un communiqué qu’« une attaque a été menée contre le poste électrique de Preilack, par lequel l’électricité produite à la centrale de Jänschwalde est injectée » dans le réseau. LEAG a fait état d’une « défaillance technique » dans une unité de la centrale, et a précisé qu’un éventuel lien avec l’incident était en cours d’examen.
De son côté, le gestionnaire de réseau 50Hertz a déclaré que des auteurs non identifiés auraient endommagé plusieurs lignes de son réseau. « Il y a eu une brève interruption de service. Toutes les lignes sont désormais de nouveau en service. L’alimentation électrique générale n’est actuellement pas affectée », a-t-il affirmé dans un communiqué.
Enquête en cours et inquiétudes sur la sécurité
Selon la police régionale, une enquête a été ouverte, mais il n’a pas encore été établi qui était à l’origine de l’attaque, ni quelles étaient les motivations. « Quiconque tente de saboter nos infrastructures critiques et de paralyser la vie de notre société s’en prend à nous tous », a réagi Dietmar Woidke, ministre-président du Land du Brandebourg, dans un communiqué, pointant la « fréquence inquiétante de ce type d’incidents ».
Plusieurs attaques incendiaires ont eu lieu ces derniers mois dans la région de Berlin, souvent revendiquées par des militants d’extrême gauche. Le 3 janvier, l’incendie criminel d’une installation électrique revendiqué par le groupe Vulkangruppe (« le groupe Vulcain ») avait plongé dans le noir plus de 100 000 personnes à Berlin. Ce groupe d’extrême gauche avait déjà revendiqué une dizaine d’attaques depuis 2011, dont l’une en mars 2024 ayant visé une usine Tesla près de Berlin, où des lignes électriques alimentant le site avaient été incendiées. Les autorités n’ont pas réussi à identifier les auteurs, des complices ou des membres du groupuscule.
L’Allemagne, premier soutien de l’Ukraine face à l’invasion russe, subit également sur son sol des opérations de sabotage et d’espionnage qu’elle a plusieurs fois attribué à Moscou. Le Kremlin balaie systématiquement ces accusations.