Bukola Osoba s’était préparée à la douleur de l’accouchement. Mais elle n’avait pas prévu un tel vacarme. Les infirmières passaient d’un lit à l’autre de manière machinale, dénuées de toute empathie. Lorsqu’elle a demandé de l’aide pendant une contraction, personne n’est venu. Puis quelqu’un a fini par arriver et s’est s’adressé à elle d’un ton sec et impatient.

Partout au Nigeria, un nombre de femmes encore restreint mais croissant se détourne du système de santé officiel pour privilégier les pratiques ancestrales des herboristes, des grands-mères ou des sages-femmes, qui ne tiennent pas leurs connaissances des salles de conférences mais de l’observation, de l’expérience et de l’héritage.

La décision d’Ugwuanyi Akubuenyi découle à la fois d’une conviction et d’une désillusion face aux pratiques actuelles. “Un jour je me suis demandé comment nos ancêtres féminines donnaient naissance sans aide médicale conventionnelle ni hôpital, explique-t-elle. J’en ai simplement conclu que j’allais suivre la même procédure lorsque je serai enceinte.”

Se détourner d’une “froide arithmétique”

Le Nigeria est le pays le plus dangereux du monde pour accoucher. Selon les dernières estimations des Nations unies, établies à partir des chiffres de 2023, une femme sur cent meurt au cours de l’accouchem