À travers l’art, on peut parfois mieux comprendre la souffrance, y trouver un sens, tirer un plaisir. Mais il faut normalement plus de temps. Moins de trois ans nous séparent du 7 octobre 2023 [et de l’attaque surprise du Hamas contre Israël], et Fauda, la série d’espionnage israélienne à succès, revient déjà sur les atrocités de cette journée et leurs retombées sur les âmes et les cœurs.
Cette nouvelle saison [disponible en France depuis le 8 septembre sur Netflix, quatre mois après sa diffusion en Israël] illustre à merveille le rôle des récits face à l’angoisse, et elle montre aussi quelles vérités une fiction est capable d’asséner (parfois avec plus de vigueur que les médias), et celles qu’elle ne peut pas dire.
Fauda suit depuis 2015 une unité d’élite israélienne qui travaille clandestinement à Gaza et en Cisjordanie. Doron, le personnage principal, est incarné par Lior Raz, qui est aussi l’un des créateurs de la série et un ancien combattant d’une unité d’infiltration : sur ses épaules massives, tendues, c’est le fardeau de tout un pays qu’il semble porter. Chaque fois qu’il croit passer à autre chose, le voilà de nouveau aspiré dans l’abîme, d’enlèvements en bombardements, entre traîtres et loups solitaires, chasses à l’homme et fusillades.
Le mépris a remplacé l’équité
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