Inutile de revenir à Lorca [1898-1936], car Lorca a toujours été présent. De son assassinat jusqu’à nos jours, il hante la littérature espagnole tel un spectre. On serait tenté de dire que l’actualité se vit comme un peloton d’exécution, une guerre sur les écrans, une tentative d’atteindre l’éclair de génie de l’écriture avant que n’éclate la prochaine guerre civile, dans la chronique, quotidienne ou hebdomadaire que l’on pourrait rédiger, car ce pays est inépuisable.
Federico nous lègue un mythe, un modèle, une manière d’être, joyeuse, débarrassée de tout préjugé et rebelle, à la croisée de la tragédie et du romantisme qui ont, pour l’essentiel, façonné la mythologie du poète maudit. Un mythe qui, si cela est possible, lui a valu de surpasser la gloire d’un autre maudit, Arthur Rimbaud, fantôme égaré dans la nuit obscure de la savane africaine, dans le sang et la poudre.
Lorca a devancé la modernité européenne en écrivant du côté des homosexuels, des Noirs et des gitans, contre le fascisme, le capitalisme et le patriarcat hétérosexuel. La marginalité humaine, l’homosexualité et la mort par assassinat à 38 ans font de ce poète maudit un homme qui n’a jamais été à sa place, un exilé à Madrid, à New York, à Grenade et partout ailleurs [dans les lieux où il a vécu]. “Parmi l’arrièr
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Javier Cercas remue la mémoire de la guerre civile espagnole
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