Vingt-six Français ont porté plainte contre l’Etat d’Israël pour actes de torture et crime de guerre, auprès du Parquet national antiterroriste (PNAT), à Paris, après l’interception de flottilles humanitaires pour Gaza auxquelles ils participaient, ont annoncé leurs avocats à l’Agence France-Presse (AFP), mardi 8 septembre.
Les plaignants sont membres de la Global Sumud Flotilla, une initiative qui se dit « pacifique et humanitaire » pour acheminer de l’aide à la population de l’enclave, ont précisé leurs avocats. Ils ont été interceptés en haute mer lors des tentatives d’octobre 2025, d’avril 2026 et de mai 2026.
Dans leur plainte contre X, déposée lundi, ils dénoncent le détournement de leurs navires et leur arrestation arbitraire par les forces israéliennes, ainsi que des violences telles que passages à tabac et coups de Taser, et des traitements inhumains ou dégradants. Cinq d’entre eux se plaignent, par ailleurs, « d’attouchements de nature sexuelle ».
Parmi les humiliations subies, les plaignants citent le « déshabillage », la « diffusion en boucle de l’hymne national accompagnée d’insultes », le « maintien prolongé à genoux sur le gravier », les « sangles brûlantes délibérément resserrées » ou encore les tentatives de les « contraindre à la signature de faux aveux ».
Deux enquêtes ouvertes cet été
La justice doit mettre « fin à l’impunité de toute personne » qui aurait pu prendre part aux faits, en tant qu’auteur ou complice, demandent Mes Chirinne Ardakani, Hannah Bouchareb, Romain Ruiz, Raphaël Kempf, Rosanna Lendom, Camille Duprié, Mathilde Lanté et Prisca Ancion, dans un communiqué.
Leur plainte pourrait être jointe aux deux enquêtes préliminaires ouvertes cet été par le PNAT, qui ont été confiées à l’Office central de lutte contre les crimes contre l’humanité (OCLCH), concernant les trois flottilles.
Les autorités militaires et pénitentiaires israéliennes ont contesté les accusations formulées par les équipages des flottilles. La première enquête, pour crime de guerre et tortures, avait été ouverte après un signalement du ministère des affaires étrangères. Le traitement réservé aux 430 militants de divers pays qui se trouvaient à bord des bateaux arraisonnés par l’armée israélienne à l’ouest de Chypre, conduits de force en Israël puis détenus avant d’être expulsés en mai, a soulevé une vague d’indignation.
Une vidéo diffusée par le ministre d’extrême droite israélien Itamar Ben Gvir montre des militants agenouillés et les mains liées. M. Ben Gvir a été interdit de séjour en France.
Des enquêtes ont également été ouvertes en Italie, en Australie et en Turquie, où un mandat d’arrêt international a été émis contre le premier ministre israélien, Benyamin Nétanyahou.