“Blue Monday” : principal quotidien d’une ville qui ne jure que par la musique et le football, le Manchester Evening News a choisi ce lundi 28 septembre un titre à triple entrée pour exprimer son sentiment quant aux déboires judiciaires de Manchester City. Le journal reprend le titre du tube de New Order, l’un de ses groupes de rock les plus fameux ; il fait référence à l’expression désignant un lundi déprimant et mélancolique (“blue”, en anglais) ; et, bien sûr, il rappelle la couleur bleue et le surnom du club dix fois champion d’Angleterre.
À la une de son cahier Sports, le média local s’alarme de façon plus directe : “Une tempête se prépare à l’Etihad”, le stade du club détenu par le fonds d’investissement du cheikh Mansour, vice-président des Émirats arabes unis. Car, vendredi 25 septembre, ce dernier a été reconnu “coupable de 114 des 115 infractions aux règles de la Premier League [le surpuissant championnat d’Angleterre] dont il était accusé”.
Face à cette information, les “supporteurs sont laissés dans le noir”, et il subsiste même “des questions au sujet du nombre d’accusations visant les Blues”, dénonce le Manchester Evening News. Le journaliste responsable du suivi du club signale d’abord que, “même sans disposer du verdict complet, il est évident que Manchester City est coupable dans l’affaire des 115” et écrit que le club “mérite une sanction à la hauteur de ses crimes”.
Vers une relégation ?
Le journal explique ensuite que les accusations sont divisées en cinq blocs, dont le plus grave est de loin le premier : “ne pas avoir fourni d’informations financières précises et à jour entre 2009 et 2018” aux instances du championnat. Mais le verdict incomplet – et le flou sur le nombre total d’accusations, puisqu’il a été question de 129 ou 130, et non de 115 – empêche de savoir si le club a été jugé coupable sur ce sujet précis, qui revient dans les faits à avoir “présenté comme du sponsoring l’injection d’argent par le propriétaire du club”.
Or c’est la décision sur ce sujet qui déterminera si Manchester City sera puni avec “des retraits de points colossaux qui provoqueraient sa relégation [en deuxième division] ou des pénalités plus mineures qui, certes, feraient mal au club, mais sans l’envoyer sérieusement valser”, décrypte l’auteur. Le retrait de certains titres décrochés sur le terrain – parmi lesquels huit championnats depuis 2012 – est aussi évoqué.
“Le scénario apocalyptique sur lequel on spécule” depuis vendredi n’est donc pas encore sûr, conclut le Manchester Evening News, qui raconte dans un autre article qu’il est même totalement écarté d’après le supporteur numéro un du club, Liam Gallagher, moitié du groupe Oasis.
Sur X, où il est très actif et peu adepte de la langue de bois, le musicien mancunien a annoncé dimanche 27 septembre avoir appris “de quelqu’un de très très haut placé” que “Man City” n’écoperait quoi qu’il arrive, même s’il perdait en appel, que d’une punition légère : “une amende et une interdiction de transferts et c’est tout”.
Très tôt dans la matinée du lundi 28 septembre, le frère de Noel a repris la parole sur le même réseau avec un message fleuri – et difficile à traduire dans son intégralité – affirmant que “la seule chose dont MAN CITY est coupable est d’avoir rendu le cartel rouge” ridicule, une référence à la couleur de trois autres géants d’Angleterre et rivaux, Liverpool, Arsenal et naturellement l’ennemi local, Manchester United. Par “foot et musique”, on entendait bien sûr “foot et rock’n’roll”.
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