Coup de chaud sur les surgelés français. “Une cyberattaque de grande ampleur visant des systèmes de réfrigération commerciale dans toute la France a causé des dommages s’élevant à plusieurs millions d’euros à plus de 150 supermarchés. Des pirates informatiques ont modifié à distance la température des réfrigérateurs et congélateurs pendant la nuit”, résume le quotidien britannique The Independent.

Plusieurs centaines de supermarchés ont été victimes, dans la nuit du dimanche 11 au lundi 12 octobre, de ce raid numérique. Parmi les distributeurs visés, 300 magasins Intermarché et Netto, moins d’une centaine de sites de Coopérative U, plusieurs magasins E.Leclerc et une trentaine de Monoprix.

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Les hackeurs s’en sont pris au système de refroidissement en faisant fortement augmenter la température des installations. “Intermarché a indiqué que la température de ses réfrigérateurs avait atteint 50 °C pendant six heures d’affilée. L’enseigne a dû jeter les produits alimentaires concernés afin d’éviter tout risque sanitaire”, rapporte la BBC.

Pourrissement des produits frais

“À leur arrivée, lundi matin, les employés ont découvert que des équipements défectueux avaient entraîné la décomposition totale d’importantes quantités de fruits et légumes frais, de viande, de produits laitiers et de produits surgelés”, indique The Independent. Les pertes se chiffreraient en millions d’euros.

Les pirates informatiques auraient identifié une faille au sein des logiciels du fabricant Danfoss, fournisseur des systèmes de régulation frigorifique utilisés par de nombreux distributeurs français. Selon un porte-parole de l’entreprise danoise interrogé par Bloomberg, “la plupart des produits concernés sont des modèles d’ancienne génération qui ne bénéficient plus de mises à jour logicielles ni de mises à jour de sécurité”. Sollicité par le média économique américain, “Danfoss a déclaré être ‘au courant d’incidents survenus en France’ et travailler avec ses clients afin de mettre en place des mesures correctives”.

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“S’attaquer à des équipements essentiels à la conservation des produits frais et à l’approvisionnement alimentaire des Français est d’une extrême gravité et est inédit. C’est inacceptable”, a dénoncé, sur X, Dominique Schelcher, président-directeur général de Coopérative U.

Le parquet de Paris a annoncé l’ouverture d’une enquête “confiée à l’Office anticybercriminalité, [qui] doit permettre de recenser les victimes et d’établir le lien avec les dégâts rapportés par celles-ci en matière de pertes de denrées alimentaires et de départs de feu”.