Le bruit des détonations a résonné dans tout le quartier de Torhailoch, dans l’ouest d’Addis-Abeba. Dans la nuit de mercredi 30 septembre au jeudi 1er octobre, plusieurs explosions ont été entendues dans cette zone. Provoquées par des drones, les frappes ont atteint vers minuit le bâtiment du quartier général des forces de défense nationale éthiopiennes (FDNE), l’armée fédérale. Quelques heures plus tôt, le service national du renseignement et de la sécurité (NISS) avait interdit tout vol de drones au-dessus et autour de la capitale fédérale, jusqu’à nouvel ordre.
Aucun des groupes d’opposition de l’Alliance pour la survie, qui depuis le 23 septembre a lancé une offensive dans plusieurs régions du nord du pays, n’a revendiqué cette attaque. Mais la responsabilité des rebelles dans cette frappe est « crédible », juge une source diplomatique, à quelques jours de la prestation de serment prévue lundi 5 octobre, pour un nouveau mandat, du premier ministre Abiy Ahmed dont le Parti de la prospérité (PP) a remporté 90 % des sièges aux législatives du 1er juin
« Nous sommes en guerre, et nous n’avons donc aucun autre objectif que de porter atteinte aux infrastructures du régime », rappelle un membre d’un des groupes armés impliqué dans le conflit interrogé par Le Monde. S’il n’a pas directement évoqué l’attaque, le président du Front populaire de libération du Tigré (FPLT), Debretsion Gebremichael, a affirmé, dans une allocution diffusée jeudi sur la chaîne YouTube de Tigrai TV, vouloir combattre « l’ennemi (…) aux endroits et aux moments de notre choix ».
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