Guillaume Calafat est maître de conférences en histoire moderne à l’université Paris-I (Institut d’histoire moderne et contemporaine), il est membre junior de l’Institut universitaire de France. Ses recherches portent sur les naufrages, le commerce et la captivité en Méditerranée. Il est l’auteur d’Une mer jalousée (Seuil, 2019) et codirige la revue Annales HSS.
Quelle différence faites-vous entre « marchands » et « négociants » ?
Du XVIe au XVIIIe siècle, les acteurs eux-mêmes distinguent le « marchand », qui vend au détail, du « négociant », qui vend en gros, pratique le commerce à grande échelle et est souvent armateur de navire. Cette distinction est théorique et nominale, mais elle ne recouvre pas toujours les pratiques : dans les documents, un marchand peut être qualifié de négociant et inversement. En revanche, aux XVIIe et XVIIIe siècles s’affirme un sentiment de hiérarchie sociale où être négociant devient plus prestigieux qu’être marchand. On trouve d’ailleurs des négociants jusque dans les campagnes, où ils jouent le rôle d’intermédiaires entre les villes, les ports et les cultivateurs ou producteurs.
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