Les autorités électorales d’Haïti ont annoncé, lundi 27 juillet, des élections présidentielle et législatives pour la fin de l’année, dont la tenue est conditionnée à « l’établissement d’un climat sécuritaire acceptable », une gageure dans ce pays pauvre des Caraïbes, ravagé par la violence des gangs.
Le premier tour des différents scrutins doit avoir lieu le 13 décembre et le second tour, le 21 février 2027, selon le calendrier publié par le conseil électoral provisoire. « Le respect de ces échéances dépend de l’établissement d’un climat sécuritaire acceptable et des disponibilités financières nécessaires à la poursuite des opérations électorales », précise toutefois le communiqué.
L’Etat haïtien n’a plus connu d’élections depuis 2016 et son dernier président, Jovenel Moïse, assassiné en 2021, n’a pas été remplacé. En décembre 2025, les autorités avaient annoncé un premier tour pour le 30 août 2026, un calendrier déjà caduc.
Cette nouvelle annonce a été saluée par la Communauté des Caraïbes (Caricom), laquelle a vu là « une étape essentielle » qui « était vivement attendue par les parties prenantes haïtiennes et la communauté internationale ».
Candidatures possibles jusqu’au 2 octobre
« La publication du calendrier ne manquera pas de donner un coup d’accélérateur aux étapes préparatoires essentielles du processus électoral en cours, telles que l’enregistrement des partis politiques, des plateformes et des coalitions, ainsi que l’inscription des électeurs », insiste l’institution dans son communiqué.
Le calendrier publié lundi mentionne le début des inscriptions électorales le 20 juillet, soit la semaine passée, et la date limite de dépôt des candidatures au 2 octobre, qu’il s’agisse de la présidentielle, des législatives ou des élections locales. La route est cependant longue avant la tenue effective d’un premier tour, en décembre.
Ce pays, le plus pauvre des Amériques, subit depuis longtemps une crise politique, économique et sécuritaire, mais la situation s’est largement détériorée ces dernières années, les gangs multipliant meurtres, enlèvements, viols ou recrutements d’enfants.
Les violences ont chassé près de 1,5 million de personnes de leur domicile sur environ 11 millions d’habitants, selon une estimation en juin de l’Organisation internationale pour les migrations, qui soulignait que les attaques ne concernaient pas uniquement la capitale.
Une force de répression des gangs soutenue par les Nations unies est en cours de constitution pour venir assister les forces de police locales dépassées. Cette formation doit, à terme, compter 5 500 policiers et militaires étrangers, mais le nombre d’hommes déjà déployé n’est pas connu.