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Haïti — Wilson Jeudy refuse de sacrifier son fauteuil pour les élections fictives du 13 décembre : qui annoncera à Fils-Aimé que le banquet du pouvoir est terminé ?

image d’illustration générée par intelligence artificielle (IA). L’ÉDITO DU REZO — Wilson Jeudy aurait-il déjoué le piège électoral de Bien-Aimé ? Des fauteuils bien réels pour des élections hypothétiques À Delmas, Wilson Jeudy refuse de sacrifier son fauteuil administratif sur l?

Haïti — Wilson Jeudy refuse de sacrifier son fauteuil pour les élections fictives du 13 décembre : qui annoncera à Fils-Aimé que le banquet du pouvoir est terminé ?
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18 octobre 2026
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Haïti — Wilson Jeudy refuse de sacrifier son fauteuil pour les élections fictives du 13 décembre : qui annoncera à Fils-Aimé que le banquet du pouvoir est terminé ?

  • by Rezo Nodwes
  • 18 octobre 2026
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image d’illustration générée par intelligence artificielle (IA).

— Wilson Jeudy aurait-il déjoué le piège électoral de Bien-Aimé ? Des fauteuils bien réels pour des élections hypothétiques

À Delmas, Wilson Jeudy refuse de sacrifier son fauteuil administratif sur l’autel des élections du 13 décembre 2026, dont la faisabilité demeure sérieusement contestée. Mais pourquoi le ministre de la Justice n’a-t-il pas adopté une démarche comparable à celle de ses collègues de l’Intérieur et de la Santé envers les hauts fonctionnaires et commissaires du gouvernement éventuellement candidats ? Le décret électoral serait-il une épée à géométrie variable, tranchante pour certains, inoffensive pour d’autres ?

PORT-AU-PRINCE, 18 octobre 2026 — Wilson Jeudy aurait-il compris avant les autres les dangers d’un calendrier électoral vacillant ? En renonçant à briguer un mandat pour conserver la mairie de Delmas, l’agent exécutif intérimaire a préféré un fauteuil bien réel aux promesses d’urnes encore hypothétiques. Prudence institutionnelle ou calcul de conservation politique ? Son choix intervient au moment où le gouvernement exige des démissions sans pouvoir garantir la tenue du scrutin annoncé pour le 13 décembre.

Le ministre de l’Intérieur, Paul Antoine Bien-Aimé, a fixé au 15 octobre la date limite de démission des agents exécutifs intérimaires candidats, conformément à l’article 388 du décret électoral révisé. Le ministère de la Santé publique aurait également exigé le départ de certains fonctionnaires. Pourquoi cette précipitation lorsque les conditions sécuritaires et logistiques restent incertaines ? Et pourquoi aucune démarche publique comparable du ministère de la Justice concernant les magistrats du parquet et les hauts fonctionnaires candidats, sous réserve des règles applicables à leur statut ? L’égalité devant la règle administrative ne saurait dépendre des convenances ministérielles.

Wilson Jeudy a refusé de troquer la proie contre l’ombre. Ceux qui auraient démissionné, notamment dans l’Artibonite, pourraient avoir abandonné leurs fonctions pour une compétition électorale sans échéance garantie. Ironie politique : les ministres conserveraient leurs portefeuilles tandis que leurs administrés auraient sacrifié les leurs. Toutefois, le choix de Wilson Jeudy ne lui confère aucune légitimité supplémentaire pour prolonger indéfiniment son propre mandat intérimaire.

Le communiqué CEP/DC/068-2526 du 5 octobre a prolongé l’inscription des candidats jusqu’au 31 octobre, reporté la campagne et annoncé une actualisation du calendrier électoral. Le CEP continue donc de recevoir des candidatures tandis que les échéances du scrutin restent à redéfinir. Pendant ce temps, l’insécurité, les axes routiers sous la menace des gangs et les déplacements forcés compromettent l’exercice du suffrage. Une élection exige davantage qu’un décret : elle suppose un territoire accessible, des citoyens protégés et des institutions opérationnelles.

La responsabilité du Premier ministre Alix Didier Fils-Aimé mérite un examen rigoureux. Combien de chefs de gangs traduits devant la justice ? Combien de routes durablement sécurisées, de familles déplacées réinstallées et de territoires rétablis sous l’autorité de l’État ? Un gouvernement provisoire ne peut transformer ses objectifs inexécutés en justification permanente de sa survie politique. La transition n’est ni un titre de propriété sur l’État ni un mandat perpétuel.

Si le 13 décembre devait passer sans élections, les autorités devraient rendre compte des décisions prises au nom de cette échéance. Pourquoi les agents intérimaires devraient-ils perdre leurs fonctions tandis que les dirigeants responsables du calendrier conserveraient les leurs ? Le respect du décret électoral ne saurait dispenser le gouvernement de répondre de sa propre gestion.

Wilson Jeudy aura peut-être renoncé aux urnes pour conserver son fauteuil. Mais le gouvernement Fils-Aimé devra expliquer pourquoi la République devrait continuer de financer une transition aux échéances sans cesse repoussées et aux résultats nettement insuffisants. Car si des démissions peuvent être exigées par décret et notifiées par circulaire, qui viendra, le 13 décembre 2026, annoncer à Alix Didier Fils-Aimé que la table est desservie, que le banquet du pouvoir a assez duré et qu’il est temps de quitter les lieux ?

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