Ce que nous observons sur le continent américain, c’est la décision des États-Unis de dicter et de déterminer les politiques des pays qui le composent. Il ne s’agit plus simplement pour certains pays d’être indépendants ; ils doivent constamment rester sur la défensive pour ne pas hypothéquer leur souveraineté nationale, même lorsqu’ils ne manifestent aucune hostilité envers cette puissance et que rien ne s’oppose au maintien de relations de bon voisinage. Ce que recherchent les États-Unis dépasse la simple tradition diplomatique : c’est leur volonté qui doit triompher, imposée par une domination politique et économique totale.
Les États-Unis ont toujours exercé une influence leur permettant de s’ingérer dans les affaires de certains pays et de s’emparer de leurs ressources locales. À Miami, Trump a créé le club ultraconservateur « Bouclier des Amériques », officiellement pour lutter contre le trafic de drogue et les réseaux criminels. Toutefois, ce club vise un autre objectif : placer l’Amérique latine sous la direction politique de l’extrême droite fasciste.
Il ne vise que les élections sur le continent, et l’on veut désormais qu’elles n’aient qu’un seul but : servir les intérêts de l’impérialisme américain. C’est la raison pour laquelle, lors des dernières élections en Amérique latine, plusieurs candidats de droite pro-américains l’ont emporté. Cela traduit une volonté effectivement manipulée, entraînée dans le sillage de la machine impérialiste. C’est ce qui se passe au Guatemala, au Chili, en Bolivie, en Argentine, en Équateur, au Salvador, au Pérou, au Honduras, en Colombie et dans bien d’autres pays. Ces nations ne font-elles pas les frais de cette nouvelle politique afin de briser tout processus de changement dans la région ? Dans le cas d’Haïti, le paradoxe est toutefois évident : plus le pays est déstabilisé, plus il est enfermé dans une logique de déséquilibre économique et de chantage politique, de sorte que tout nouveau régime doit se soumettre idéologiquement au « trumpisme », c’est-à-dire à la montée de l’extrême droite sur le continent.
En somme, les raisons ne manquent pas de penser que les prochaines échéances électorales annoncées en Haïti s’inscrivent dans cette logique trumpiste. Car il ne doit y avoir aucune rupture avec les États-Unis ; tout doit s’inscrire dans la continuité. Les propositions de l’actuel président américain dans sa stratégie de sécurité nationale, publiée début décembre 2025, ne sont pas anodines. L’Amérique doit rester unie et indivisible derrière les États-Unis. « Nous voulons un hémisphère dans lequel les gouvernements coopèrent avec nous contre les narcoterroristes, les cartels et autres organisations criminelles transnationales (…) nous voulons garantir notre accès continu à des sites stratégiques clés », sans doute afin de placer les intérêts des États-Unis au premier plan. L’impérialisme sous la direction de Donald Trump et du « gusano » Marco Rubio (gusano : ver de terre ; terme péjoratif et injurieux pour désigner les contrerévolutionnaires cubains), déploie tous les moyens possibles pour empêcher les pays d’agir en dehors de la voie qu’il a tracée.
Faute de quoi, il peut vous accuser de soutenir le terrorisme ou d’être communiste. C’est dans cette optique qu’il renforce son hostilité envers certains pays insoumis et rebelles, cherchant à les détruire. Une nation comme Cuba est provoquée quotidiennement, et la dernière victime en date est le Venezuela, avec l’enlèvement du président Maduro et de son épouse. Dans cette convergence d’intérêts, certains pays agissent comme des vassaux et se soumettent aveuglément à l’impérialisme américain, lui permettant d’agir à sa guise et de façonner leur existence selon sa volonté. D’autres, en revanche, ne cessent de résister et refusent catégoriquement de devenir une colonie des États-Unis.
Le Nicaragua en est un exemple concret ; c’est l’un des pays ayant ouvertement déclaré aux États-Unis qu’ils n’accepteraient jamais leurs politiques de pression électorale. C’est ainsi que le président Daniel Ortega a annoncé : « fini les élections au service de l’impérialisme », ajoutant que « ce sont les Nicaraguayens qui décident quand et comment leurs élections se tiendront, sans que les ambassades ou les ONG financées par l’étranger puissent en dicter le calendrier ou le résultat ». Grâce à sa révolution, Cuba demeure le seul pays à avoir résisté à ces politiques de déstabilisation au cours de 67 années d’agressions et de provocations. Une résistance qui a permis à bien d’autres nations de garder la tête haute : « Si Cuba y parvient, nous le pouvons aussi. » Malgré l’embargo imposé à la révolution cubaine, le pays reste fidèle à ses idéaux socialistes. Puisqu’il est impossible de le déstabiliser par la voie électorale, l’impérialisme a désormais décidé d’éteindre cette flamme qui inspire espoir, courage et grandeur aux autres peuples, sur le continent comme ailleurs.
Selon les réactionnaires, une fois Cuba neutralisé, tous les autres rentreront dans le rang. Il n’y aurait alors d’autre alternative que de servir les intérêts des États-Unis dans tout l’hémisphère américain. C’est dans cette même optique que l’administration Trump s’emploie activement à manipuler la prochaine élection présidentielle au Brésil en faveur du candidat capitaliste Flavio Bolsonaro, au détriment de Lula. Ce n’est pas un hasard si la République dominicaine de Luis Abinader qui vient d’expulser neuf diplomates cubains, constitue l’un des deux piliers de la politique impérialiste dans les Caraïbes, aux côtés du Guyana. Les liens de dépendance inédite que cette république voisine entretient avec les États-Unis représentent des menaces très inquiétantes que la nation haïtienne se doit de prendre en compte.
Haïti est un pays soumis à la politique de domination américaine, en raison de ses dirigeants fantoches et sans colonne vertébrale. Toutefois, compte tenu des différences historiques entre les deux pays, les États-Unis n’ont jamais fait confiance à ces agents-marionnettes, même lorsque certains d’entre eux se montrent plus royalistes que le roi. Les États-Unis ne les privilégient pas ; même quand ces instruments de la classe capitaliste sont chargés de défendre ses intérêts. Le Premier ministre de fait, Alix Didier Fils-Aimé, est l’un de ces hommes-liges. Lorsque l’impérialisme le contraint d’organiser des élections, c’est simplement pour renouveler ses pions. Cela ne servira ni les intérêts du peuple haïtien ni ceux du pays. En réponse aux doutes de son patron, il lui a déclaré, comme s’il s’adressait au peuple haïtien : « Je vous garantis qu’il y aura des élections, que vous le vouliez ou non. »
En réalité, cette stratégie électorale est un projet global visant à garantir que le gouvernement qui en résultera tourne le dos aux intérêts et aux besoins des travailleurs. Un gouvernement incapable d’inspirer aux jeunes la moindre confiance en leur avenir. Face à la « Trumpisation » de notre Amérique, nous, au sein d’Haïti Liberté, nous opposons fermement aux choix de l’administration Trump concernant Haïti, car nous avons la certitude absolue qu’ils ne mèneront à rien de positif, si ce n’est à nous précipiter davantage dans l’abîme. Puisse la volonté du peuple haïtien s’exprimer avec suffisamment d’ampleur et de détermination pour faire échec à toutes les politiques des États-Unis qui nous entraînent dans l’aventure.
Commentaires (0)
Laisser un commentaire
Aucun commentaire. Soyez le premier !