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Géopolitique

I. Un pape américain face à Donald Trump

Le pape Léon XIV est devenu une des grandes figures de l'opposition à la guerre américaine contre l'Iran. Encore faut-il contextualiser et nuancer ses relations avec D. Trump. Une étude solidement documentée de T. Tanase. - Amérique du Nord / Union européenne, France , Iran , Etats-Unis, Géo

I. Un pape américain face à Donald Trump
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L’HEURE est aux paradoxes. Un pape américain a longtemps semblé une impossibilité : cela aurait par trop semblé couronner une domination américaine sur le monde. Mais si Robert Francis Prevost est devenu le 8 mai 2025 le pape Léon XIV, quelque mois après l’élection de Donald Trump qui faisait de Make America Great Again son slogan de campagne, c’est sans doute parce que les États-Unis ne sont plus ni aussi puissants qu’autrefois, ni aussi unis. Dès lors, un pape américain n’est plus nécessairement un signe de domination sur le monde. Il peut en revanche apparaître comme un point d’équilibre face à Washington, justement parce qu’il est américain [1]. En ce sens, l’élection de Robert Francis Prevost a bien quelque chose à voir avec Donald Trump, mais d’une manière bien plus ambiguë que ne l’a affirmée le Président américain. C’est d’abord le signe que les États-Unis ne sont plus la grande nation de matrice protestante qu’ils ont été depuis leur origine, alors qu’ils sont en train de muter vers un type de société bien moins homogène [2], mais où le catholicisme est de plus en plus un enjeu central. Ainsi, le Président américain a pu déclarer avant le conclave « I’d like to be pope. That would be my number one choice » [3] ou publier une photo de lui en pape.

Un des paradoxes du moment est que cette situation est pour l’instant surtout vue comme un problème depuis le Vatican, et non comme une chance, dans la mesure où elle déstabilise en profondeur le modèle d’Église globalisée inscrite dans un cadre atlantiste hérité de l’après-guerre mondiale et du concile de Vatican II. Tous les regards sont tournés vers l’affrontement très médiatique de Donald Trump et Léon XIV depuis que le pape s’est retrouvé, en grande partie à cause de la réaction brutale de Donald Trump, à jouer le rôle de principal opposant sur le plan international à la guerre américano-israélienne lancée contre l’Iran le 28 février 2026, un rôle qu’aucun autre grand dirigeant n’a voulu jouer, en particulier en Europe, à l’exception peut-être de l’Espagnol Pedro Sánchez [4]. Bien entendu, les contempteurs de toujours de Donald Trump ont applaudi le pape, quand bien même ils viennent souvent des rangs de ceux qui ne cachent guère leur mépris envers le christianisme. En sens inverse certains commentateurs se revendiquant d’un conservatisme catholique aux tons parfois très ultramontains, mais surtout très imprégnés de l’idée néo-conservatrice de choc des civilisations, ont soudainement retrouvé des accents gallicans pour s’offusquer du parti anti-occidental tenu par le pape américain.

I. Un pape américain face à Donald Trump
Le pape Léon XIV et le président américain Donald Trump. Montage
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