“Voilà trente ans que les responsables politiques et les partis promettent la même chose : une vie meilleure, l’amélioration du réseau d’eau potable, des logements, des écoles. Mais, au bout du compte, à peine 2 % de ces promesses sont tenues.” C’est ainsi que Sead, un habitant de Sarajevo, résume les promesses qui rythment la campagne des élections générales en Bosnie-Herzégovine, pays divisé depuis les accords de Dayton en deux entités : la Fédération de Bosnie-et-Herzégovine et la République serbe de Bosnie (Republika Srpska).

À chaque scrutin, dit Sead, ce sont peu ou prou les mêmes engagements qui reviennent. Sa concitoyenne Jasminka partage son constat :

“Rien ne change : on voit toujours les mêmes têtes d’hommes politiques, et ils mentent comme ils respirent. Je ne leur fais plus confiance. J’envisage même de ne pas aller voter.”

Un sentiment partagé par plusieurs autres personnes interrogées. Dans cette campagne qui s’adresse à plus de 3 millions d’électeurs, les partis proposent une nouvelle fois des solutions aux questions qui préoccupent la population depuis des années : niveau de vie, emploi, corruption ou encore intégration européenne. Pour une partie des habitants et des analystes interrogés, le problème ne tient toutefois pas tant au contenu des promesses qu’à leu