Donald Trump a commenté les événements du week-end en France lundi matin, assurant sur sa plateforme Truth Social que “les migrants ont conquis la France”. Il a ensuite été interrogé sur le sujet par la presse avant de rejoindre le Kansas pour un meeting. “C’est une situation très triste ce qui se passe en France. Parce que ce qui se passe en France a à voir avec l’immigration. Pas avec les écoles, rien de ce genre. C’est l’immigration”, a-t-il affirmé, cité par Fox News. “J’ai dit au président Macron de fermer ses frontières. Je lui ai dit la première fois que je l’ai rencontré”, a encore raconté le président américain. Selon lui, la France a laissé rentrer des gens “qui n’aiment pas le pays. Ils n’aiment les bâtiments. Ils n’aiment pas l’art”.
Les États-Unis font partie des pays qui ont averti leurs citoyens des risques à séjourner en France actuellement et de l’instauration d’un couvre-feu dans plusieurs villes. La Deutsche Welle rapporte que la Chine, la Suède, les Pays-Bas, la République tchèque ou l’Allemagne ont également prévenu leurs voyageurs de se tenir à l’écart des rassemblements et des manifestations. Le ministère malaisien des affaires étrangères conseille notamment de reporter son séjour.
La situation inquiète les autres pays européens alors que l’Italie ou l’Albanie font eux aussi face à des émeutes. “Burnham doit agir maintenant pour empêcher les émeutes de se répandre depuis la France”, a clamé un podcast du Daily Telegraph en référence au premier ministre Andy Burnham.
En tout cas, “les premiers couvre-feux sont entrés en vigueur lundi soir dans plusieurs villes de France, tandis que l’exécutif, mis sous pression par une pluie de critiques de la part de tous les camps politiques, réaffirme sa promesse de fermeté dans la réponse pénale aux auteurs des pillages et de violences”, observe la RTBF.
Laurent Nuñez à Marseille
Le New York Times partage l’analyse, voyant dans les couvre-feux annoncés en fin de journée lundi par Sébastien Lecornu et une dizaine de villes françaises “le signe le plus clair que le gouvernement essaie de reprendre le contrôle en réponse aux critiques féroces sur le fait qu’il était mal préparé” aux débordements du week-end. “La droite estime que ce ne sera pas suffisant et demande des mesures plus sévères”, signale El País qui mentionne que Gabriel Attal appelle de son côté à limiter l’utilisation des réseaux sociaux pour empêcher les casseurs de se coordonner.
Pour la BBC, le “blame game”, le jeu des responsables, a débuté après “des manifestations violentes qui ont secoué la France”. Le média britannique liste le gouvernement, qui pourrait être blâmé pour sa gestion des débordements, LFI ou “la gauche anticapitaliste” qui aurait encouragé le désordre ou l’extrême droite soupçonnée de récupérer les incidents de samedi pour “faire passer un message sur la loi et l’ordre et des frontières étanches”.
Autre cible, Emmanuel Macron dont le discours de dimanche n’a pas convaincu et qui est parti dans le Golfe pour un voyage diplomatique de trois jours. “Le déplacement répond à la nécessité d’assurer l’approvisionnement en pétrole et de trouver des solutions au coût de la vie dénoncé par les manifestants”, souligne le Corriere della Sera, “mais beaucoup s’interrogent sur l’opportunité de quitter le pays en ce moment”.
Laurent Nuñez, lui, s’est rendu à Marseille pour y rencontrer pendant 45 minutes le maire Benoît Payan, mécontent de l’organisation des forces de l’ordre samedi alors qu’une nouvelle manifestation est annoncée en fin de semaine. “On déploiera un dispositif policier très important et qui sera de toute façon plus nombreux que ce qu’il était samedi dernier”, a promis le ministre de l’intérieur. Payan, cité par The Independent, regrette quant à lui que la France soit devenue “la honte de l’Europe”.
Parmi les responsables à pointer, il y a aussi les casseurs. Mais Le Soir rappelle que “le profil des interpellés reste incertain”, précisant que “loin des déclarations rapides de l’exécutif français, le monde judiciaire et les spécialistes des mouvements sociaux se montrent prudents au moment de dresser le portrait type des casseurs à l’origine des dégradations et des pillages observés à Paris et dans plusieurs villes françaises”.
El-Watan estime qu’“il faut s’attendre, une fois de plus, à ce que des responsables politiques se lâchent sur les migrants et sur les Maghrébins”. Le quotidien algérien note que “chercher un bouc émissaire coûte moins cher que de répondre à la question sociale” et qu’à “six mois d’une présidentielle cruciale, l’urgence est de ramener la paix civile, de garantir la stabilité et de réunir les citoyens autour de la République. La question d’une démission de Macron, que certains osent désormais poser, relève plus du cri que du programme. Mais elle dit l’essentiel : un pouvoir qui ne se fait plus entendre ne gouverne plus”.
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