A chaque déplacement du premier ministre, Benyamin Nétanyahou, en dehors d’Israël, les réseaux sociaux se lancent dans une traque virtuelle. Jeudi 24 septembre, en route pour l’Assemblée générale de l’Organisation des Nations unies (ONU) à New York, le suspect de crimes contre l’humanité et crimes de guerre a pu – pour la neuvième fois depuis l’émission d’un mandat d’arrêt contre lui par trois juges de la Cour pénale internationale (CPI) le 21 novembre 2024 – traverser l’espace aérien français, et celui de trois autres Etats membres de la CPI, Grèce, Italie et Canada.
Comme lors des précédents épisodes, les juges de la CPI n’ont pas expressément demandé l’arrestation du premier ministre israélien, et ne devraient pas convoquer les quatre pays pour explications. « La CPI n’a jamais exigé des Etats qu’ils arrêtent un suspect en vol », explique Gilbert Bitti, juge international, rappelant que l’ancien président du Soudan Omar el-Bachir, lui aussi inculpé par la CPI, a pu survoler des dizaines de pays sans rappel à l’ordre de la Cour. « Ce qui compte c’est la capacité d’arrestation », ajoute-t-il, et donc « l’exécution du mandat d’arrêt lorsque la personne poursuivie se trouve sur le sol de l’Etat » en question. Interrogé par Le Monde, le quai d’Orsay estime que la France respecte pleinement le droit international et précise que le statut de la CPI « n’impose aucune obligation concernant le survol de son territoire par un aéronef d’Etat dont les passagers comprennent une personne faisant l’objet d’un mandat d’arrêt ».
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