Ce qui se passe en Inde aujourd’hui est surnommé par plusieurs journalistes “la saison 2” de la mobilisation étudiante. Elle avait commencé il y a plusieurs mois, pour protester contre le chômage, les inégalités éducatives et l’autoritarisme du gouvernement. Le 10 octobre, “la capitale est en alerte rouge et quasiment bouclée, un sans-précédent dans la mémoire récente, et quelque 27 000 policiers et paramilitaires ont été déployés”, rapporte The Indian Express. À Delhi, tout est fait pour que la jeunesse indienne menée par le Parti du peuple des cafards (Cockroach Janta Party) ne puisse pas manifester pour dénoncer un nouveau scandale, celui des manipulations électorales. “Il y a des restrictions pour les entrées et sorties dans plus de 40 stations de métro, des déviations de circulation dans le centre de Dehli et plus de 250 trains ont été annulés”, liste le quotidien anglophone.

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Le fondateur du Parti du peuple des cafards, Abhijeet Dipke, a lui été arrêté vendredi soir à l’aéroport de Dehli alors que son avion en provenance de Bombay venait d’atterrir. Une vidéo préenregistrée a été diffusée sur X dans laquelle Abhijeet Dipke appelle les jeunes à poursuivre la manifestation, non autorisée, pacifiquement.

Le Youtubeur Dhruv Rathee, 32,9 millions de followers, est maintenu à résidence alors qu’il était en route pour rejoindre les manifestations, tandis que 500 personnes ont été arrêtées d’après les chiffres de la police, 3 000 avançait The Hindu à 14 h, heure locale (10h30 en France). C’est le cas de deux journalistes du site d’information Scroll, lequel rapporte que le réseau Internet a été coupé dans le centre-ville et que la police a barré de nombreuses rues avec des barrières métalliques.

Manipulations électorales

Le Parti du peuple des cafards, créé à la mi-mai en réponse aux propos du président de la Cour suprême, qui comparait les jeunes chômeurs à des cafards, a rejoint le parti d’opposition du Congrès pour exiger la démission du président de la Commission électorale Gyanesh Kumar.

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La BBC qui comme de nombreux journaux consacre un direct sur son site à cet événement revient sur le moteur de la contestation : l’éviction de quelque 130 millions d’électeurs des listes électorales. “La Commission électorale indienne a entrepris un vaste travail de mise à jour des listes électorales à l’échelle nationale, affirmant qu’il s’agissait d’une opération de routine visant à radier les électeurs décédés, les doublons et les électeurs inéligibles”, explique le média britannique. La façon dont a été menée cette révision des listes électorales favoriserait le Parti Bharatiya Janata du Premier ministre nationaliste hindou Narendra Modi, dénoncent notamment les opposants.

“La période actuelle que l’Inde traverse pose une question d’une simplicité trompeuse : quel type de patriotisme voulons-nous ? Celui qui considère qu’un bon citoyen est un citoyen docile ? Ou celui qui estime que l’Inde est suffisamment forte pour supporter les divergences d’opinions ? ”, s’interroge le site Scroll dans un article de réflexion. Les autorités semblent bel et bien pencher vers la première réponse.