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“Issy Wood par Issy Wood” : portrait craché de la Gen Z

Avec “Issy Wood : Self-Portraits”, la peintre de la Gen Z a (enfin) l’exposition qu’elle mérite. Visible depuis le 9 octobre et jusqu’au 28 février 2027, la présentation de onze œuvres de la Britannico-Américaine à la National Portrait Gallery de Londres est l’occasion de (re) pré

“Issy Wood par Issy Wood” : portrait craché de la Gen Z
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Expo. “Issy Wood par Issy Wood” : portrait craché de la Gen Z

“C’est l’art de ceux qui s’ennuient, prennent des médicaments, passent leur temps en ligne, l’art des dépressifs brillants qui ont l’impression que, quoi qu’ils fassent, ils ne seront jamais heureux”, rapporte le critique du quotidien britannique The Guardian à l’ouverture de “Issy Wood : Self-Portraits”.

Cette exposition qui a commencé le 9 octobre à la National Portrait Gallery de Londres présente onze autoportraits signés Issy Wood, et est visible jusqu’au 28 février prochain.

C’est la première fois qu’une institution culturelle de ce rang offre une exposition solo à la peintre britannico-américaine de 33 ans.

Décrite par un autre quotidien britannique, The Daily Telegraph, comme “à l’avant-garde du récent renouveau de la peinture figurative”, la trentenaire excelle dans l’art de l’autoportrait, et déteste pourtant se regarder.

Issy Wood, Self Portrait 71, 2025.

Repérée par une agence de mannequins à 14 ans, Issy Wood souffre depuis d’anorexie, de boulimie et de dysmorphophobie (mais elle va de mieux en mieux, explique-t-elle à la presse).

Paradoxalement, c’est à partir de selfies qu’elle réalise les gigantesques toiles qui font son succès.

“Réaliser [les autoportraits]présentait une certaine utilité,très liée aux divers problèmesque j’ai avec mon apparenceet au fait de ne pas vraimentpouvoir faire confianceà mon propre jugementsur ce à quoi je ressemble.”

Issy Wood dans la revue britannique spécialisée The Art Newspaper

L’autoportrait est un genre pictural historique. Comment se sent-elle à l’idée de s’inscrire dans cette tradition millénaire ?

Dans la revue The Art Newspaper, elle répond : “En tant que peintre, il faut accepter le fait d’être dans un dialogue avec l’intégralité de l’histoire de l’art. Il s’agit d’être en paix avec ça”.

Issy Wood, Self Portrait 22, 2022.

Vue de l’exposition Issy Wood : Self-Portraits à la National Portrait Gallery, Londres.

Depuis 2020, Issy Wood a peint 90 autoportraits, dont certains ont été achetés par la Tate de Londres et le Metropolitan Museum of Art de New York. Et sa notoriété ne cesse de grandir.

Reconnue par ses pairs, elle est aussi la figure de proue d’un certain renouveau figuratif. Comme le note le critique du Guardian, d’ailleurs étonné “qu’elle n’ait pas reçu davantage d’attention de grandes institutions”, Issy Wood a inspiré des dizaines de jeunes peintres dans son sillage.

Elle est d’ailleurs “l’une des favorites du marché de l’art”.

“Dans vingt ans on la considérera comme la peintre zillenniale par excellence”, veut croire le quotidien britannique.

Dans ses toiles, Issy Wood se peint, mais on y voit le reflet de la génération Z.

Les zooms sur son visage revêtu d’un masque de soin coréen, face au miroir, ou encore encerclé par de faux ongles sont “étranges, étouffants et intimes”, écrit The Guardian.

Vue de l’exposition Issy Wood : Self-Portraits à la National Portrait Gallery, Londres.

Surtout, continue le quotidien anglais, “rares sont les artistes qui, comme Issy Wood, parviennent aussi bien à saisir cette pénible, interminable et écrasante angoisse, ce malaise et cet ennui propres à la vie occidentale actuelle”.

Les miroirs ne pardonnent pas.—

Lucille Souron

Infos pratiques

L’exposition “Issy Wood : Self-Portraits” est à voir à la National Portrait Gallery de Londres jusqu’au 28 février 2027.

Plus d’informations à cette adresse.

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