A Bruxelles, une fois n’est pas coutume, la Commission européenne, d’ordinaire silencieuse sur les sujets de politique intérieure des Etats membres de l’Union, a commenté, lundi 19 octobre, les manifestations qui ont eu lieu en France, samedi, et surtout les violences qui les ont émaillées.
Par la voix de son porte-parole, elle a condamné les pillages, qualifiés d’« inacceptables », et rappelé à Paris que le droit à manifester pacifiquement « doit être protégé ». Au Parlement européen, le Parti populaire européen (PPE, droite) et l’extrême droite se sont empressés de politiser le sujet, en organisant, lundi soir, à Strasbourg, un débat dont l’intitulé a fait polémique au sein de l’hémicycle : « France, Italie, Belgique, violences antidémocratiques et destructions perpétrées par des groupes d’extrême gauche ».
De fait, il n’y a pas qu’en France que le coût de la vie mobilise et que les citoyens s’inquiètent des conséquences de la hausse du prix de l’énergie, d’autant que dans les prochains mois, des élections à haut risque politique, sur fond de montée de l’extrême droite, sont prévues en Espagne, en France, en Italie, en Pologne et en Grèce. Lors de leur réunion à Bruxelles, le 15 octobre, les chefs d’Etat et de gouvernement européens ont d’ailleurs longuement débattu de la manière de faire baisser la facture de leurs concitoyens, ayant tous en tête le mouvement des « gilets jaunes » qui a embrasé la France, à l’automne 2018.
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