La commission électorale israélienne a infligé une amende au ministre de la sécurité nationale, Itamar Ben Gvir, pour une vidéo relevant, selon elle, de la « propagande électorale », dans laquelle il menace d’« exécuter » un détenu palestinien.
Selon la décision consultée, vendredi 2 octobre, par l’Agence France-Presse (AFP), la commission a estimé que le ministre suprémaciste avait violé les règles électorales en diffusant cette séquence en pleine campagne pour les législatives du 27 octobre, alors que son déplacement en prison relevait de son activité gouvernementale.
Figure d’extrême droite qui ambitionne de devenir ministre de la défense en cas de victoire de la coalition gouvernementale, Itamar Ben Gvir se met fréquemment en scène dans des vidéos où il invective et menace des détenus palestiniens dans les prisons israéliennes.
Le 27 septembre, il a diffusé sur X une séquence, retirée depuis de son compte, dans laquelle il s’adresse à Hassan Salameh, membre du mouvement islamiste Hamas, condamné à plusieurs peines de prison à perpétuité pour avoir orchestré des attentats ayant fait 45 morts en Israël en 1996. « Je veux te tuer. Je veux t’exécuter », lui lance Itamar Ben Gvir, ajoutant en légende qu’avec « l’aide de Dieu, en tant que ministre de la défense, j’agirai pour que des terroristes meurtriers comme lui soient exécutés ».
Moins de 6 000 euros d’amende
Saisie par deux organisations non gouvernementales, dont le Comité public contre la torture en Israël (PCATI), la commission, chargée de veiller au respect des règles électorales, lui a ordonné, jeudi soir, de retirer la vidéo et de verser 20 000 shekels (environ 5 800 euros) aux ONG plaignantes. « La vidéo est considérée comme de la propagande électorale » et il est « établi que des ressources publiques ont été utilisées » pour sa réalisation, « ce qui constitue une violation » des règles, précise-t-elle dans le document consulté par l’AFP.
« Nous espérons que les décisions répétées de la commission électorale dissuaderont le ministre de continuer à utiliser les prisons comme si elles étaient sa propriété privée et d’humilier les détenus dans le cadre de sa propagande électorale », a réagi Merav Ben-Zeev, directrice juridique du PCATI.
En mars, Itamar Ben Gvir, porteur depuis des années d’un discours et d’une politique racistes, avait célébré au champagne l’adoption au Parlement d’une loi instaurant la peine de mort pour les Palestiniens reconnus coupables de meurtre « terroriste ».