Bâle, une chaleur accablante. Assis au bord du bassin blanc, je balance ostensiblement les jambes dans l’eau, comme si un metteur en scène m’avait demandé de balancer les jambes et peut-être aussi l’âme. Ce faisant, j’observe les buveurs de café glacé qui se trouvent de l’autre côté de la Münsterplatz [la place devant la cathédrale], comme si je n’avais pas une petite idée derrière la tête. Alors que si : ces mouvements de jambes ne sont qu’un camouflage pour me fondre discrètement dans le décor de cette place imposante, pour me transformer en une statue de fontaine.
Et ça marche. Personne ne me regarde. Maintenant, je pourrais vite fait… Il faudrait quand même que j’enlève mon T-shirt moulant… Hésitant comme le conditionnel, je suis encore planté sur cette pierre bien lisse trois minutes plus tard. Je n’ose pas y aller.
Vouloir faire quelque chose et ne pas le faire, je connais le problème. Ce serait pourtant très simple dans le cas présent – comme toujours, en fait. Il faudrait juste que je m’avance de quelques centimètres sur le bord et que je me laisse glisser dans l’eau. Même pas chiche ! À part ça, elle a l’air super, étincelante sous un soleil à plus de 30 °C, parfaitement translucide.
Baignade en eau potable
Je jette encore un coup d’œil à la vendeuse de glaces, comme si
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