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Kenscoff enterre ses morts : « Le gouvernement de Fils-Aimé a tué ma famille ! », accusent des proches des victimes

HAÏTI | MASSACRE DE KENSCOFF — « Le gouvernement a tué ma famille ! » : aux funérailles des victimes, le deuil se transforme en accusation PORT-AU-PRINCE, 30 août 2026 — « Le gouvernement a tué ma famille ! » : le cri lancé dimanche par des proches des victimes, pendant le cortège fun

Kenscoff enterre ses morts : « Le gouvernement de Fils-Aimé a tué ma famille ! », accusent des proches des victimes
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30 août 2026
Kenscoff enterre ses morts : « Le gouvernement de Fils-Aimé a tué ma famille ! », accusent des proches des victimes
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Kenscoff enterre ses morts : « Le gouvernement de Fils-Aimé a tué ma famille ! », accusent des proches des victimes

  • by Rezo Nodwes
  • 30 août 2026
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HAÏTI | MASSACRE DE KENSCOFF — « Le gouvernement a tué ma famille ! » : aux funérailles des victimes, le deuil se transforme en accusation

PORT-AU-PRINCE, 30 août 2026 — « Le gouvernement a tué ma famille ! » : le cri lancé dimanche par des proches des victimes, pendant le cortège funèbre à Kenscoff, donne désormais au massacre du 23 août une dimension politique que les communiqués officiels ne suffisent plus à contenir. Des centaines de personnes ont assisté aux funérailles de quatre des 47 personnes tuées, parmi lesquelles une mère, un père et leur fils ainsi qu’un homme de 70 ans dont le corps, selon l’Associated Press, a été incendié par les assaillants. La cérémonie s’est déroulée sous surveillance policière et sous la garde de civils armés, illustration saisissante de l’effacement de la frontière entre sécurité publique et autodéfense communautaire.

Selon Marta Hurtado, porte-parole du Haut-Commissariat des Nations unies aux droits de l’homme, environ 150 hommes lourdement armés auraient participé à l’assaut. Treize personnes auraient d’abord été tuées alors qu’elles tentaient de fuir. Une cinquantaine d’autres auraient cherché refuge dans une église : 22 auraient été exécutées dans la cour et 12 derrière l’édifice religieux. Plus de 50 personnes ont également été enlevées ; six enfants et sept femmes ont depuis été libérés après une intervention de responsables communautaires et de l’UNICEF. Plus de 2 600 personnes auraient été contraintes d’abandonner leur domicile.

La responsabilité pénale du massacre appartient à ses auteurs et à leurs éventuels complices ; la responsabilité institutionnelle constitue cependant une interrogation distincte. Des survivants accusent la Police nationale de ne pas être intervenue suffisamment tôt. La PNH elle-même a ordonné une enquête afin de déterminer si les événements résultent notamment d’une « complicité ou [d’une] négligence ». Cette formulation confère à l’enquête une portée considérable : qui disposait des renseignements sur les mouvements des assaillants ? À quel moment l’alerte a-t-elle été transmise ? Quels effectifs étaient disponibles ? Pourquoi une opération impliquant, selon l’ONU, quelque 150 hommes armés a-t-elle pu produire un tel bilan avant une réponse sécuritaire susceptible de protéger la population ?

Kenscoff place ainsi l’État devant une obligation qui dépasse les déclarations de compassion. Lorsque des citoyens doivent monter la garde avec des armes automatiques à proximité d’une cérémonie funéraire, tandis qu’un survivant affirme être prêt à abandonner sa commune parce qu’il ne pense pas pouvoir survivre à une nouvelle attaque, le problème ne se réduit plus au seul contrôle territorial des gangs. Il concerne la capacité effective de la puissance publique à remplir l’une de ses fonctions régaliennes premières : protéger la vie. Quarante-sept morts plus tard, l’enquête annoncée par la PNH devra donc établir des faits, identifier les responsabilités et expliquer aux familles comment un massacre d’une telle ampleur a pu se dérouler à Kenscoff.

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