De nouvelles explosions ont secoué Riyad, tôt dimanche 25 octobre, après des messages d’alerte des autorités, alors que les houthistes du Yémen poursuivent leurs attaques contre le royaume saoudien, où l’aéroport international de la capitale devait rouvrir après deux semaines de fermeture. Les forces saoudiennes ont annoncé avoir intercepté dix missiles balistiques lancés par les houthistes vers le sud du pays, dans un message publié sur X par le porte-parole de la coalition militaire, Turki Al-Maliki.
Les houthistes, soutenus par l’Iran, et la coalition militaire menée par l’Arabie saoudite, qui appuie les forces gouvernementales yéménites, échangent quasi quotidiennement des frappes depuis la reprise en juillet du conflit au Yémen. L’ampleur des attaques visant Riyad ces dernières semaines est inédite depuis le début, en 2014, de la guerre au Yémen opposant les houthistes aux forces gouvernementales.
L’aéroport international de la capitale saoudienne a notamment été pris pour cible à plusieurs reprises, faisant des morts, en particulier le 10 octobre : une frappe sur un terminal de passagers avait coûté la vie à 13 personnes, entraînant la fermeture du site. Samedi, l’aéroport avait annoncé la reprise des vols pour dimanche, après deux semaines de fermeture. Dimanche matin, il n’était pas clair cependant qu’il avait repris ses opérations.
Le porte-parole militaire des houthistes, Yahya Saree, avait fait savoir samedi que son mouvement avait une nouvelle fois visé l’aéroport, sans que Riyad ne commente. À la suite de l’annonce de sa réouverture programmée, le porte-parole a mis en garde dimanche le secteur aérien « contre l’utilisation de l’aéroport King Khalid de Riyad, étant donné qu’il (…) constitue une cible militaire » pour les houthistes. Et Yahya Saree d’ajouter : si l’aéroport reprend ses opérations, « le régime saoudien devra en assumer les conséquences ».
Appels à se mettre à l’abri
Dimanche matin, trois explosions ont été entendues, a constaté un journaliste de l’Agence France-Presse dans la capitale. Auparavant, des messages d’alerte ont été envoyés par téléphone aux habitants pour les appeler à se mettre à l’abri.
La coalition a dit avoir abattu un missile balistique tiré en direction de Riyad, puis un autre tiré vers Khamis Mushait, dans le sud du royaume. Elle a imputé les tirs aux houthistes, qui avaient revendiqué la veille des frappes en Arabie saoudite. Des alertes ont également été émises dans la ville voisine d’Abha et d’autres régions du sud du pays.
La chaîne de télévision houthiste Al-Massirah avait accusé samedi l’Arabie saoudite d’avoir mené plusieurs frappes au Yémen, visant notamment la capitale, Sanaa, aux mains des combattants pro-iraniens, qui ont fait 17 morts. Des affirmations que Riyad n’a pas commentées.