La Cisjordanie occupée s’embrase avec de nombreux raids menés par l’armée israélienne durant tout le week-end conséquence d’un regain de tensions après une fusillade ayant eu lieu vendredi 24 juillet dans la localité de Tell, dans le nord du territoire palestinien.

“Des colons ont attaqué plusieurs villes et villages palestiniens dans la nuit de samedi à dimanche, incendiant deux mosquées, une maison et plusieurs véhicules, et taguant des graffitis. Ils réclament ‘vengeance’ après le meurtre d’un Israélien lors d’un affrontement meurtrier [vendredi] ”, résume The Times of Israel. L’armée israélienne, qui “considère la fusillade comme une attaque terroriste”, avait déployé alors d’importants renforts sur la zone et bouclé la localité de Tell, lieu des échanges de tirs.

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Le lendemain, à l’issue d’une réunion d’urgence du cabinet de sécurité, Benyamin Nétanyahou a ordonné une “opération contre-terroriste de grande ampleur” dans le nord de la Cisjordanie occupée.

Dizaines d’arrestations

Tsahal a intensifié ses raids en Cisjordanie occupée, prenant d’assaut de nombreuses villes et villages palestiniens, indique de son côté Al-Jazeera dans son direct. “Plus de soixante-dix Palestiniens recherchés par les autorités ont été arrêtés en Cisjordanie dans la nuit ainsi que samedi matin. Des centaines d’autres suspects ont été interrogés sur place”, écrit Ynetnews, la version anglophone du quotidien israélien Yediot Aharonot.

Selon Ha’Aretz, qui cite sous le sceau de l’anonymat des gradés de Tsahal, plusieurs tentatives de l’armée israélienne visant à joindre des personnalités influentes au sein du mouvement de colonisation, dans le but d’apaiser les tensions, n’ont pas reçu de réponses. Sur place, les réservistes déployés interrogés par le quotidien décrivent une situation explosive :

“À maintes reprises, nous sommes dépêchés sur les lieux d’incidents violents avec des effectifs totalement insuffisants, face à des dizaines, voire des centaines d’émeutiers [israéliens]. Nous ne pouvons ni influencer la situation, ni la maîtriser, ni mettre fin à l’incident. Nous ne pouvons que rester là à regarder les choses se passer.”

Loin de vouloir apaiser la situation, le ministre d’extrême droite et suprémaciste de la sécurité nationale Itamar Ben Gvir a déclaré : “Je vais demander à l’armée de raser ces villages depuis les airs”.

Cette flambée de violence intervient trois mois avant les élections législatives anticipées prévues le 27 octobre. Un scrutin, le premier organisé depuis les attaques du Hamas le 7 octobre 2023 sur le sol israélien, que le Premier ministre Benyamin Nétanyahou, au pouvoir pendant plus de dix-huit ans depuis 1996, espère bien remporter.