En direct Mardi 8 Septembre 2026
Géopolitique

L’avocat François Zimeray réaffirme l’importance des droits de l’homme, érodés par « le souffle inquiétant de l’air du temps »

Le spécialiste des droits humains, ancien diplomate, signe, dans la collection « Tracts » de Gallimard, un texte percutant sur le recul des grands principes de la défense dans une époque gagnée par les certitudes morales et l’émotion.

L’avocat François Zimeray réaffirme l’importance des droits de l’homme, érodés par « le souffle inquiétant de l’air du temps »
HaitiCreoleRadio.com

Livre. Lors d’une marche en montagne, l’avocat François Zimeray discute de son métier avec une jeune femme de « 23 ans, étudiante à Sciences-Po, résolument de son temps » et évoque les grands principes de la défense, dont la présomption d’innocence. « Je crois que moi, dans certains cas, je préférerais un innocent en prison », lui dit-elle. La phrase, énoncée avec une évidente sincérité, lui fait l’effet d’un « coup dans le ventre ». « Et si les droits de l’homme appartenaient au passé ? », s’interroge-t-il.

Auteur d’Un innocent en prison. Réflexions sur l’avenir des droits de l’homme (Gallimard, « Tracts », n° 78, 48 pages, 3,90 euros), François Zimeray sait de quoi il parle. Il fut avocat à la Cour pénale internationale, a participé comme député européen aux travaux de rédaction de la Charte des droits fondamentaux de l’Union européenne, a exercé les fonctions d’ambassadeur des droits de l’homme et a réchappé à un attentat islamiste le 14 février 2015, alors qu’il assistait, en qualité d’ambassadeur de France en Norvège, à une rencontre consacrée à la liberté d’expression, quelques semaines après la tuerie de Charlie Hebdo. Mais c’est dans la pratique retrouvée du métier de défendre qu’il se heurte au « souffle inquiétant de l’air du temps » : « une tyrannie diffuse où tout est simplifié, réduit à quelques certitudes, où la complexité est tenue pour suspecte et la nuance pour une faiblesse ».

Il vous reste 59.02% de cet article à lire. La suite est réservée aux abonnés.

Article précédent « Je voulais que ma douleur soit connue » : en Afrique du Su… Article suivant En Chine, chez les anciens gardes rouges, l’amertume, les re…

Commentaires (0)

Laisser un commentaire

0 / 2000 caractères

Aucun commentaire. Soyez le premier !