Il est difficile de trouver, dans un pays démocratique, une élection présidentielle qui se soit récemment accompagnée d’aussi peu de suspense. Mercredi 2 septembre à la mi-journée, la juriste Ülle Madise, 51 ans, a été élue présidente de l’Estonie par le Riigikogu, le Parlement monocaméral du plus septentrional des Etats baltes, avec 71 voix, soit trois de plus que la majorité des deux tiers requise par la Constitution.
Celle qui occupe depuis onze ans le poste clé de chancelière de la justice, qui lui confère un pouvoir indépendant de contrôle de la légalité des décisions politiques – fonction pour laquelle elle a déjà été élue deux fois par le Riigikogu –, était la seule candidate. Aucune autre personnalité n’avait réuni les 21 voix requises lors du processus de présélection. « C’est une des élections les plus rapides qu’on ait jamais connues », remarque la spécialiste de communication politique Annika Arras.
Il avait pourtant semblé, durant l’été, que le scrutin pourrait être plus tendu. Certes, la candidature de Martin Helme, président du Parti populaire conservateur d’Estonie (EKRE, extrême droite), ne pouvait réunir aucun vote au-delà de sa propre formation. Mais l’entrée en lice, le 11 août, du recteur de l’Université technologique de Tallinn, Tiit Land, personnalité bien connue et respectée, avait paru de nature à redistribuer les cartes. Mme Madise, soutenue par la coalition de centre droit au pouvoir, devenait une cible pour l’opposition de droite comme de gauche, qui semblait avoir trouvé un candidat capable d’empêcher sa victoire, jusque-là très probable.
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