L’exaltation religieuse du président élu Abelardo de la Espriella, à la suite de sa conversion au christianisme, fait débat en Colombie. Une semaine avant son investiture, prévue le 7 août, l’équipe du futur dirigeant d’ultra-droite a publié les photos de sa retraite spirituelle, chapelet et Bible à la main, afin de réfléchir à comment “mettre Dieu au centre de chaque décision”, selon les paroles du futur mandataire, rapportées par El País America.

Ces paroles suscitent une vive inquiétude dans ce pays sud-américain officiellement laïc depuis 1991, mais où la religion catholique reste très présente dans la vie quotidienne. D’autant que cette ferveur semble se mettre au service de la “guerre spirituelle” que de la Espriella a promis de mener en campagne contre ses opposants. “L’on veut nous faire croire que croire en Dieu est un péché”, a rétorqué à ses détracteurs son allié le maire de Medellín Federico Gutiérrez, cité par La Lengua Caribe.

Mais c’est surtout son programme ultraconservateur, mis sur pied avec l’aide des milieux chrétiens, évangéliques et fondamentalistes, qui est en cause. “Voir les plus hauts responsables de l’État, à la veille de leur investiture, pris d’un élan religieux, invoquant leur dieu, affirmant qu’ils le placent au-dessus de tout dans leurs décisions