Il est fort probable que le président vénézuélien Nicolás Maduro, capturé au mépris du droit international, soit reconnu coupable lors du procès pour trafic de drogue annoncé contre lui, dont l’ouverture est projetée pour le 1er juin 2027 à New York. L’impérialisme américain ne dispose d’aucun dossier solide pour remporter la bataille juridique ; mais il va recourir aux mensonges, tout en exploitant la moindre faille du système corrompu avec des juges sous couple réglée de l’administration Maga.
Après que le gouvernement intérimaire du Venezuela ait extradé aux États-Unis l’ancien ministre Alex Saab, d’origine colombienne, ce dernier avait d’abord plaidé non coupable devant un tribunal de Miami le 24 juillet 2026. À la grande surprise de beaucoup, le mardi 15 septembre il a changé de position et a finalement plaidé coupable de blanchiment d’argent à la suite d’un accord avec l’accusation. « Coupable, Votre Honneur », a-t-il déclaré devant la juge Kathleen M. Williams, au tribunal fédéral du district sud de Floride.
Mais que peut bien dissimuler cette mise en scène ? En janvier 2027, lorsque la décision sera rendue concernant sa peine pour corruption et détournement de fonds d’un programme d’aide sociale destiné à fournir de la nourriture aux Vénézuéliens vulnérables via des transferts présumés vers des comptes bancaires américains, il ne serait pas surprenant que la peine maximale de vingt ans de prison qu’il encourait soit réduite, dans la mesure où il a accepté de coopérer avec la justice américaine.
Le système judiciaire capitaliste ne disposant pas d’un dossier solide contre Maduro, hormis ce qui a déjà été fabriqué de toutes pièces. On l’accuse d’« utiliser le pouvoir de l’État pour protéger et promouvoir des activités illégales, notamment le trafic de drogue ». Il serait de mèche avec des mouvements de guérilla et des cartels criminels pour « expédier des tonnes de cocaïne aux États-Unis ». Ces accusations ne tiennent pas la route, mais on va tenter d’amener l’ancien ministre Saab à témoigner contre lui. Il s’agit d’une tactique visant à retourner Saab contre Maduro en échange d’une réduction de peine. Car son ancien ministre et gestionnaire des réseaux d’importation, détient des informations clés sur les rouages du pouvoir à Caracas.
Le mois dernier, les États-Unis et le Venezuela ont signé un accord énergétique permettant aux États-Unis de prendre le contrôle quasi-total sur les vastes réserves pétrolières vénézuéliennes, en pariant que les entreprises américaines pourront contribuer à relancer l’industrie énergétique. Faut-il signaler que le Venezuela possède les plus importantes richesses de pétrole du monde, devant l’Arabie saoudite et l’Iran. C’est la principale cause de tous les tourments qu’il subit de la part de l’impérialisme américain et pourtant la présidente par intérim a qualifié cet accord « d’étape vers la reprise économique qui modernisera l’industrie pétrolière du pays. »
Dans la lutte des peuples pour leur libération de la tutelle des pays impérialistes, Fidel Castro avait bien expliqué que : toute concession ou tentative de compromis avec une puissance impérialiste est perçue non pas comme un geste de paix, mais comme une faiblesse qu’elle exploitera pour anéantir son adversaire. Selon lui, l’impérialisme, si vous lui tendez la main, il vous la prend et vous coupe le bras tout entier. Et il ne s’arrêtera pas là ; il continuera à faire pression pour obtenir toujours plus, jusqu’à vous couper le poignet. Dès l’instant où vous commencez à céder, vous continuez à céder jusqu’à tout perdre. C’est le piège dans lequel le peuple vénézuélien semble tomber puisque, les dirigeants actuels croient pouvoir négocier avec le monstre, sinon le roi dans la forêt.
Ces jours-ci Donald Trump a exprimé à maintes reprises son soutien à la présidente par intérim. Si un Prix Nobel de la paix ou de traitrise devait être décerné en ce moment, c’est plutôt à Delcy Rodríguez, et non au leader de l’ex-opposition vénézuélienne Maria Corina Machado, autrefois considérée comme une alliée vedette de Trump, qu’on l’accorderait. Dans une interview accordée à CNN, le président Lula a même déclaré : « La manière dont les États-Unis traitent Delcy donne l’impression qu’ils lui donnent des ordres », a-t-il expliqué, avant d’ajouter : « Marco Rubio montre clairement qu’il tire les ficelles au Venezuela : l’argent du pétrole va aux États-Unis, et ces derniers n’en reversent qu’une très faible partie au Venezuela. » C’est dans ce contexte de trahison, qu’en marge de l’Assemblée générale des Nations unies, à New-York, que Donald Trump a invité sa nouvelle alliée, Delcy à une rencontre. Selon l’ambassadeur américain à l’ONU, Mike Waltz, il s’agit d’un échange informel et non d’une réunion bilatérale officielle.
Compte tenu de l’évolution de la situation, l’impérialisme cherchera à jouer sur tous les tableaux possibles pour anéantir la révolution bolivarienne, à moins que le peuple ne se mobilise pas pour la défendre comme il se doit. La livraison de Saab à la justice américaine et sa collaboration avec l’impérialisme pourraient bien être une épée de Damoclès suspendue au-dessus de la tête du président Maduro. Évidemment, l’impérialisme n’a pas manqué son coup contre la révolution bolivarienne, qui l’incommode au plus haut point. L’avenir appartient irrévocablement aux combattants de la vérité, et le peuple vénézuélien ne doit pas laisser passer cet affront orchestré pour liquider les acquis de la révolution !
C’est le même système judiciaire américain qui s’est saisi du dossier du président haïtien en exercice, Jovenel Moïse, assassiné à son domicile le 7 juillet 2021. On ne peut en attendre aucun résultat concret ; après tout, ils ne s’incrimineront jamais. Ils ont plutôt pris le contrôle du processus afin de se dédouaner de toute responsabilité. Il s’agit d’une procédure conçue pour disculper la plupart des acteurs ayant pris part à ce meurtre. De plus, tous les aspects du crime ne peuvent être abordés. Certains dossiers, en effet, ayant déjà été clos ne pourraient pas être portés devant le tribunal.
L’impérialisme à l’œuvre ne vise guère à servir les intérêts de la classe ouvrière. Il est triste de voir qu’il existe encore des dirigeants bien souvent illégitimes qui croient pouvoir négocier avec l’impérialisme pour en tirer profit pour leur peuple et leur pays. Il est totalement faux de croire, que la décision qui sera rendue par le tribunal de Miami s’inscrit dans le respect des prérogatives et des intérêts d’Haïti. Elle ne traduit nullement une volonté de coopération pour favoriser l’issue de la procédure, afin que justice soit rendue au président Jovenel Moïse, à sa famille et au peuple haïtien. Non, l’impérialisme américain ne fait jamais de cadeaux !
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