Les investissements dans les centres de données pour l’intelligence artificielle (IA) devraient atteindre 31 600 milliards de dollars (plus de 27 000 milliards d’euros) d’ici à 2050. Un montant qui équivaut peu ou prou au PIB des États-Unis, souligne Bloomberg, qui relaie l’étude publiée le 2 septembre par le cabinet de conseil international PwC, en collaboration avec des chercheurs d’Oxford Economics.
Si l’adoption de l’IA s’accélère au-delà des prévisions du “scénario central” envisagé par les chercheurs, les dépenses liées aux data centers pourraient même bondir jusqu’à 50 000 milliards de dollars (environ 43 000 milliards d’euros). De quoi éclipser les investissements déjà colossaux consacrés par le passé à des infrastructures comme les chemins de fer, les réseaux électriques ou le réseau Internet, soulignent les chercheurs.
L’essentiel de ces investissements devra être consacré aux composants tels que les puces mémoire, dont le fabricant américain Nvidia est devenu le leader mondial. “Ce sont les mises à niveau périodiques des puces [déterminant la puissance de calcul], et non les terrains ou les coûts de construction, qui représenteront la majeure partie des dépenses, contrairement aux cycles d’investissement traditionnels”, explique le média américain.
Selon les chercheurs, “la question à 31 600 milliards de dollars n’est pas de savoir si le capital existe. Il existe. Il ne s’agit pas non plus de savoir si la demande est réelle. Elle l’est”.
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Je m’abonne“La question est de savoir quelles régions, quels opérateurs et quelles institutions sont en mesure de capter [les investissements] et lesquels ne le sont pas.”
Des facteurs tels que la disponibilité de l’énergie, les lois sur la souveraineté des données et l’approvisionnement en semi-conducteurs détermineront quelles régions du monde pourront en bénéficier. “Un approvisionnement en électricité abordable, fiable et de plus en plus décarboné à grande échelle représente le défi le plus difficile à relever pour de nombreux marchés.”
Facteurs d’incertitude
Selon PwC, les États-Unis devraient bénéficier à eux seuls de près de la moitié des investissements (48 %), soit 15 100 milliards de dollars. Suivent ensuite la région Asie-Pacifique avec 8 200 milliards de dollars, l’Europe avec 5 600 milliards de dollars, le Moyen-Orient avec 1 100 milliards de dollars et l’Afrique avec 255 milliards de dollars.
Des perturbations dans les chaînes d’approvisionnement des semi-conducteurs, en raison des évolutions géopolitiques, pourraient réduire de près de 20 % les dépenses consacrées à l’échelle mondiale aux centres de données. Quant aux lois sur la souveraineté des données, elles sont susceptibles de “redistribuer, sans pour autant réduire”, les investissements globaux.
Autre facteur d’incertitude : les effets de la contestation populaire qui se développe un peu partout contre l’implantation des centres de données. “Les manifestants invoquent des préoccupations liées aux effets sur l’environnement, à la consommation des ressources et, plus largement, la manière dont l’IA pourrait bouleverser le marché du travail et la société”, rappelle Bloomberg. Selon le Data Center Watch, qui recense les mobilisations aux États-Unis, “au moins 75 projets, représentant des investissements totalisant environ 130 milliards de dollars, ont été bloqués ou retardés du fait des oppositions locales au cours du premier trimestre de cette année”.
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