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Géopolitique

L’offensive déplorable de Donald Trump contre les vaccins

En signant, lundi, un décret recommandant notamment aux Etats américains de diminuer le nombre de vaccins administrés en pédiatrie, le président républicain alimente de manière irresponsable le poison de la suspicion.

L’offensive déplorable de Donald Trump contre les vaccins
HaitiCreoleRadio.com

Il faut souhaiter que le décret présidentiel signé lundi 10 août par Donald Trump finisse comme tant d’autres reflétant ses obsessions dont la portée n’a pas dépassé les murs du bureau Ovale de la Maison Blanche. Ce texte recommande en effet aux Etats de réviser drastiquement leur politique de vaccination pour parvenir à une diminution du nombre de vaccins administrés en pédiatrie. Il défend également la dissociation des vaccins contre la rougeole, la rubéole et les oreillons, jusqu’à présent administrés en une seule injection.

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Le président des Etats-Unis a profité de cette séance de signatures pour répéter une nouvelle fois ce que le consensus scientifique ne peut considérer que comme une théorie du complot, à savoir que les vaccins pédiatriques entraîneraient le développement de troubles autistiques. Donald Trump avait repris pour la première fois en 2012 cette rumeur, jamais démontrée mais soutenue par un mouvement antivaccin dénonçant à la fois des risques pour la santé fantasmatiques et un Etat fédéral attentatoire aux libertés individuelles.

Il serait tentant de réduire ce décret présidentiel, qui fera certainement l’objet de contestations devant la justice, à une lubie d’octogénaire. Mais cette culture du doute produit déjà des effets dans l’opinion publique américaine. Comme l’a montré le Pew Research Center, une institution indépendante, l’électorat républicain a commencé à diverger à propos de l’injection unique concernant la rougeole, la rubéole et les oreillons. En dix ans, le soutien s’est effrité, passant de 91 % à 78 %. Le poison de la suspicion va se répandre un peu plus avec le décret du 10 août.

Les propos de Donald Trump sont irresponsables, parce que les enfants américains reprennent le chemin de l’école alors que le pays vit la pire épidémie de rougeole depuis trente-cinq ans. Son accélération pourrait d’ailleurs coûter d’ici à la fin de l’année à la première puissance mondiale son statut de pays ayant éliminé cette maladie qu’elle détient depuis 2000. Le vaccino-scepticisme a joué un rôle important dans cette flambée, partie d’une communauté religieuse opposée à la vaccination au Texas, un Etat républicain.

La feuille de route du second mandat de Donald Trump rédigée par le cercle de réflexion conservateur Heritage Foundation recommandait un tel recul vaccinal. Il a été porté depuis son arrivée au département de la santé par Robert Francis Kennedy Jr., un antivaccin notoire qui a pratiqué des purges drastiques dans les institutions de santé chargées de la politique vaccinale. Les sénateurs républicains qui disposent d’une compétence médicale ont pourtant soutenu sa nomination, par crainte de déplaire à Donald Trump.

Cette idéologie mortifère ne se limite pas aux vaccins. Depuis le retour de Donald Trump au pouvoir, l’Agence de protection de l’environnement, si on peut encore l’appeler ainsi, a en effet supprimé par négationnisme climatique des mesures fédérales visant à garantir la qualité de l’air. Il s’agit notamment des limites pour les émissions de gaz à effet de serre des centrales électriques fonctionnant aux combustibles fossiles, ou encore celles concernant les particules fines.

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Avec cette mise à sac systématique, l’administration de Donald Trump alimente un véritable révisionnisme scientifique. L’image de mesures médicales salutaires ne peut qu’en être affectée, tout comme la santé des Américains.

Le Monde

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