« Nous avons fait plus en dix mois qu’en dix ans. » Vendredi 9 octobre dans l’après-midi, en sortant de la réunion mensuelle des ministres des finances de l’Union européenne, le conseil Ecofin, à Luxembourg, le ministre irlandais, Simon Harris, avait le sourire. Sous sa présidence, les Vingt-Sept ont trouvé un compromis pour faire avancer le projet de l’Union de l’épargne et de l’investissement, un pilier essentiel du marché unique. L’enjeu est de taille : il s’agit de lutter contre une organisation et une supervision des marchés trop morcelée pour permettre aux entreprises européennes de se financer aussi facilement en Europe que leurs concurrentes américaines.
Le gouffre à combler est énorme. La société la plus chère des Bourses américaines est valorisée à 5 000 milliards d’euros : c’est le fabricant de puces Nvidia. La mieux valorisée des Bourses européennes, LVMH, ne dépasse pas 200 milliards d’euros. Entre les deux, ASML (acronyme d’Advanced Semiconductor Materials Lithography), le fabricant néerlandais de machines à graver les puces électroniques, est valorisé autour de 650 milliards d’euros, mais il est coté au Nasdaq de New York en plus de sa cotation à Amsterdam.
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