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La BRH face aux cybermenaces – un discours de fermeté qui bute sur la réalité des territoires contrôlés par les gangs

Le 19 octobre 2026, la Banque de la République d’Haïti (BRH) a publié un avis au public signé par son gouverneur, Ronald Gabriel. Le document attire l’attention sur l’explosion des cyberattaques à l’échelle régionale et mondiale, souligne que Haïti n’est pas épargnée et rappelle

La BRH face aux cybermenaces – un discours de fermeté qui bute sur la réalité des territoires contrôlés par les gangs
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20 octobre 2026
La BRH face aux cybermenaces – un discours de fermeté qui bute sur la réalité des territoires contrôlés par les gangs 
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La BRH face aux cybermenaces – un discours de fermeté qui bute sur la réalité des territoires contrôlés par les gangs 

  • by Rezo Nodwes
  • 20 octobre 2026
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Le 19 octobre 2026, la Banque de la République d’Haïti (BRH) a publié un avis au public  signé par son gouverneur, Ronald Gabriel. Le document attire l’attention sur l’explosion des  cyberattaques à l’échelle régionale et mondiale, souligne que Haïti n’est pas épargnée et  rappelle les efforts de renforcement des systèmes informatiques, de formation et de  sensibilisation menés depuis 2023. Il insiste également sur un point de principe : la BRH  n’autorise aucune institution financière à négocier avec des cybercriminels en cas de demande  de rançon. L’approche privilégiée reste l’activation des plans de contingence et de continuité  des affaires, assortie d’analyses forensiques. 

Sur le papier, le communiqué affiche une portée claire et une crédibilité institutionnelle. La  BRH, en tant que banque centrale, exerce un mandat de surveillance du système financier.  Elle rappelle des règles existantes visant à sécuriser les systèmes d’information, à protéger les  données des clients et à préserver la stabilité financière. Le refus explicite de toute  négociation avec des rançonneurs constitue une position de principe forte, alignée sur les  recommandations internationales qui déconseillent le paiement de rançons afin de ne pas  alimenter l’économie criminelle. La date, la signature du gouverneur et le ton officiel  renforcent l’impression d’une institution qui assume ses responsabilités face à une menace  réelle et croissante. 

Pourtant, cette posture de fermeté et de contrôle se heurte à une réalité terrain difficile à  ignorer. Depuis plusieurs mois, des institutions financières et des succursales bancaires  continuent d’opérer « en toute confiance » dans des zones placées sous le contrôle de gangs  criminels. Ces espaces échappent largement à l’autorité de l’État. La sécurité physique des  agences, la protection des employés, le transport de fonds, l’accès des clients et même la  fiabilité des connexions informatiques y sont soumis à des dynamiques de pouvoir parallèles.  Dans un tel contexte, les discours sur la robustesse des systèmes d’information et sur la non négociation avec les cybercriminels prennent un relief particulier : la cybermenace n’est  qu’une des dimensions de la vulnérabilité. La présence effective d’acteurs armés non étatiques  dans les zones d’activité bancaire crée des risques de compromission, d’extorsion, d’accès  non autorisé aux infrastructures ou de pression sur le personnel qui dépassent largement le  cadre technique des cyberattaques. 

Les conséquences de ce décalage sont multiples. D’abord, la crédibilité de l’avis public  s’érode dès lors que le public constate que le système financier continue de fonctionner dans  des territoires où l’État lui-même ne garantit plus l’ordre public. Les clients peuvent  légitimement s’interroger : comment une institution peut-elle garantir la protection continue  des avoirs et des données lorsque ses points de service évoluent sous la menace ou l’influence  de groupes criminels ? Ensuite, le principe de non-négociation avec les cybercriminels risque  d’apparaître sélectif ou incomplet si, dans les faits, des arrangements de survie ou de tolérance  se mettent en place avec d’autres formes de criminalité territoriale. Enfin, cette situation  fragilise la confiance globale dans le système financier haïtien. Une banque centrale qui  insiste sur la résilience informatique tout en laissant s’installer une coexistence pratique avec  des acteurs armés envoie un signal ambivalent : la cybersécurité est prise au sérieux, mais la  sécurité physique et territoriale des opérations bancaires semble reléguée au second plan.

L’avis de la BRH a le mérite de poser un cadre clair sur les cyberattaques et de refuser le  chantage numérique. Il constitue un rappel utile des obligations des institutions financières.  Mais tant que des succursales continueront d’opérer dans des zones contrôlées par des gangs,  le message de solidité et de maîtrise restera incomplet. La protection réelle des clients et la  stabilité du système financier ne peuvent se limiter aux pare-feu et aux plans de contingence  informatique. Elles exigent aussi que l’État et ses institutions regagnent le contrôle effectif  des territoires où l’activité bancaire se déroule. Sans cela, les communiqués les plus fermes  risquent de sonner comme des déclarations de principe déconnectées de la réalité vécue par  les usagers et les employés du système financier haïtien.

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