Certains y voient un conflit qui ne dit pas son nom, d’autres une démonstration grandeur nature du durcissement du rapport de force entre la Chine et les Etats-Unis. Près de huit mois après le début de l’opération israélo-américaine « Fureur épique » contre Téhéran, le théâtre iranien apparaît comme un nouvel avatar du grand bras de fer sino-américain.
Alors que les capacités de résilience du régime de Téhéran ont surpris nombre d’observateurs, les preuves s’accumulent sur le rôle-clé joué par la Chine pour soutenir l’effort de guerre iranien. Elles concernent autant l’achat massif d’hydrocarbures que l’envoi de composants à double usage, civil et militaire. Elles attestent aussi d’un soutien discret dans les domaines balistique et naval.
Malgré les sanctions et le blocus américain – imposé en réponse à celui de Téhéran sur le détroit d’Ormuz –, la Chine continue d’acheter du pétrole iranien. Si les flux sont plus faibles qu’avant-guerre, quand la Chine captait 80 % des exportations iraniennes, Pékin reste de loin le premier client des raffineries iraniennes, souvent grâce à des transits discrets, transpondeur éteint, et des transbordements entre navires. Ces achats apportent une manne financière cruciale à Téhéran pour durer dans ce conflit.
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